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Sentai Asiancook amorce l’implantation d’une zone industrielle de produits asiatiques en Meuse
Meuse # Agroalimentaire # Implantation

Sentai Asiancook amorce l’implantation d’une zone industrielle de produits asiatiques en Meuse

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Spécialiste de la commercialisation de produits alimentaires asiatiques, Sentai Asiancook a convaincu deux partenaires d’installer des usines de production de nourriture asiatique à Verdun, en Meuse. L’entreprise espère à terme en attirer une dizaine, et vise un chiffre d’affaires cumulé de 250 millions d’euros d’ici cinq ans.

Khiem Thanh Nhat est le PDG de Sentai Asiancook — Photo : Khiem Thanh Nhat

À Verdun, en Meuse, Sentai Asiancook prépare l’implantation de deux usines de production de nourriture asiatique. À plus long terme, "mon objectif, c’est de faire une zone industrielle asiatique à Verdun, composée d’une dizaine d’usines, pour créer un pôle", vise Khiem Thanh Nhat, PDG de Sentai Asiancook (CA 2020 : 2,42 M€), société créée en 2017 et basée en Seine-et-Marne. Ce dernier est également l’un des dirigeants et actionnaires de T & T Foods (CA 2024 : 77,3€ ; 106 salariés), basée dans le Haut-Rhin et créée en 2002, spécialisée dans la commercialisation de produits asiatiques en Europe, qui assurera la commercialisation des produits sortant des usines meusiennes.

Sur la future zone industrielle, chaque usine sera ouverte et dirigée par un acteur de l’agroalimentaire asiatique différent. Sentai Asiancook est la société en charge d’identifier ces partenaires, de faire sortir de terre les différentes unités de production et d’effectuer la commercialisation des produits dans toute l’Europe, par l’intermédiaire de T & T Foods. De leur côté, les partenaires s’occupent de la production et portent l’investissement dans leurs outils industriels respectifs. "L’objectif est de massifier les coûts qui normalement appartiennent à chaque société", poursuit le dirigeant.

Deux premières usines à court terme

Sentai Asiancook a acquis un premier terrain en 2024, auprès de la CCI Meuse Haute-Marne. D’une superficie de 20 000 m², ce dernier se situe dans la zone de Baleycourt, à Verdun. Le terrain fait actuellement l’objet d’une étude du sol, jusqu’à la fin de l’année 2025. Puis l’entreprise espère déposer un permis de construire d’ici avril, voire mai 2026. "Le terrain se situe à côté d’un petit fleuve : il va falloir mettre des plots sous la construction. Les plans sont en cours de finalisation", mesure Khiem Thanh Nhat. La société Berthold est le maître d’œuvre du chantier.

Dans un premier temps, le projet prévoit la création d’une usine de 3 500 m², pour un investissement compris entre 7 et 8 millions d’euros. Cette première unité, portée par l'entreprise Sentaiyuan, sera dédiée à la production de produits fabriqués à base de konjac, une plante proche de la pomme de terre. L’usine devrait démarrer en 2027, et employer entre 36 et 45 salariés.

La seconde unité, dont la taille fera le double de la première, sera ensuite dédiée à la production de sauce soja. "On l’installera immédiatement après", indique le dirigeant. Cette dernière emploiera une soixantaine de salariés, pour un investissement compris entre 15 et 18 millions d’euros. Le projet est porté par Qianhe.

La première usine du pôle créé par Sentai Asiancook à Verdun produira des aliments à partir de konjac — Photo : Anabelle Filoche

Attirer d’autres partenaires asiatiques

"Nous sommes proches de signer avec deux autres partenaires, pour des projets similaires", annonce Khiem Thanh Nhat. Pour être en capacité d’accueillir un plus grand nombre de partenaires, Sentai Asiancook est également en discussion pour l’acquisition d’un autre terrain, situé non loin du premier. "Beaucoup d’investisseurs asiatiques commercialisent leurs produits en Europe depuis des usines situées en Europe de l’Est ou au Portugal. Depuis la Chine, on regarde la France comme un pays touristique, un pays de grèves, et un pays où la situation politique est compliquée. Pour les convaincre de me suivre sur ces sujets, je leur ai montré que des partenaires distributeurs étaient déjà prêts à nous suivre. Carrefour et Leclerc me suivent, donc s’ils ne pouvaient pas me suivre, d’autres acteurs l’auraient fait", précise le PDG de Sentai Asiancook. En octobre 2025, Khiem Thanh Nhat a en effet convaincu le directeur général de Carrefour Europe de venir discuter du projet, à Verdun.

Verdun comme capitale européenne

Pour approuver et favoriser cette implantation, des représentants du gouvernement de Sichuan se sont rendus à Verdun. Inversement, le maire de Verdun, Samuel Hazard, s’est rendu en Chine pour rencontrer les partenaires industriels intéressés par le projet. "Verdun, c’est le centre de l’Europe. Ma rencontre avec l’écosystème d’ici a tout changé : les partenaires économiques, et la Région travaillent dans le même sens. C’est ce qui m’a décidé à m’installer ici, alors que j’étais déjà courtisé par beaucoup de villes", lance le PDG de Sentai Asiancook. Avec l’implantation de cette zone économique, le dirigeant espère atteindre les 250 millions d’euros de chiffre d’affaires d’ici cinq ans, avec la création de près de 200 emplois à la clé.

Des coûts de production équivalents

Jusqu’ici, Sentai Asiancook commercialisait ses produits en Europe en les important directement depuis l’Asie. "Acheminer les produits depuis l’Asie est long et coûteux. Les coûts maritimes sont instables, tout comme le dollar, qui fluctue beaucoup. Tout cela fait que nous devons stocker en plus grand nombre. Et il y a aussi la question du bilan carbone, qui s’allège si on produit depuis la France. Au final, fabriquer en France ne coûte pas plus cher que d’importer des produits depuis l’Asie", mesure Khiem Thanh Nhat.

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