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Sécurité des entreprises et "passage à l’échelle" au cœur de l’European Cyber Week 2025
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Sécurité des entreprises et "passage à l’échelle" au cœur de l’European Cyber Week 2025

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Arrivée récemment à la tête d’un ministère chargé de l’Intelligence artificielle et du Numérique, placé sous tutelle de Bercy, la Vannetaise Anne Le Hénanff a fait étape à Rennes lors de l’European Cyber Week. Elle est venue y défendre la souveraineté numérique française en matière de cybersécurité et présenter le projet de loi Résilience, destiné à protéger 15 000 organisations françaises contre les cybermenaces.

Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, au salon European Cyber Week de Rennes, le 20 novembre 2025 — Photo : Baptiste Coupin

Dans un contexte de cybermenaces croissantes, et à l’approche de l’examen à l’Assemblée nationale du projet de loi Résilience, la Vannetaise Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, s’est rendue le 20 novembre, à Rennes, à l’European Cyber Week, rendez-vous majeur de la cybersécurité en Europe. Face aux attaques informatiques que subissent les organisations (vols de données, rançongiciels, espionnage…), la ministre a rappelé l’objectif de cette loi, qui transpose la directive européenne dite "NIS 2" : "Quinze mille entités, des entreprises principalement, vont devoir se mettre en conformité avec un niveau minimum de cybersécurité pour non seulement se protéger, mais aussi protéger les données des Français".

"La riposte s’organise"

Cette démarche devra se faire sous trois ans, faute de quoi les organisations seront soumises à des sanctions. Il ne s’agit plus uniquement de sensibilisation mais désormais d’obligations légales contraignantes, car "la cyber-résilience de la nation est en jeu", prévient la ministre. Au-delà du simple piratage ou de la cybercriminalité motivée par l’argent, la France fait actuellement face à des attaques venant d’États étrangers développe Anne Le Hénanff, qui assure que "la riposte s’organise". "On trouvera les ressources, c’est une question de survie, la cybersécurité est un poste de défense de la nation."

"La cybersécurité est un poste de défense de la nation"Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique

Des entreprises innovantes

Au cours de sa déambulation dans les allées du salon, Anne Le Hénanff, déterminée à défendre la souveraineté numérique française et européenne en matière de cyber, a rencontré un certain nombre d’entreprises bretonnes innovantes. Parmi elles, Orange Cyberdefense, qui compte 550 collaborateurs à Rennes. L’entreprise, qui protège les acteurs sensibles (OIV), vient de développer une balise pour sécuriser les systèmes d’administration des hôpitaux spécifiquement. Les CHU de Rennes et Brest ont été la cible de hackers ces derniers mois.

"Préférer la filière française"

La ministre morbihannaise s’est aussi intéressée aux PME en phase de croissance comme le rennais Glimps (50 salariés) ou le malouin Alcyconie (25 salariés) : "Il faut que les entreprises françaises puissent vendre leurs produits et faire du chiffre d’affaires. Et un des leviers essentiels pour moi, c’est la commande publique, insiste-t-elle. La commande publique étatique et la commande publique même des collectivités locales. Il faut préférer la filière française, et la filière bretonne ici en l’occurrence".

Anne Le Hénanff aux côtés de Stéphanie Ledoux, fondatrice et PDG de la start-up malouine Alcyconie — Photo : Baptiste Coupin

Stéphanie Ledoux, PDG fondatrice d’Alcyconie, a profité du passage de la ministre bretonne pour défendre sa cause et celle de toute une filière.

Un soutien attendu des politiques

"Un vrai sujet, clairement, c’est de réussir à passer l’échelle européenne. En tant qu’entreprise de la cyber française, on doit mieux se structurer, mais il est certain que nous avons besoin du soutien des politiques, et d’organisations comme Bpifrance ou le Campus Cyber national, pour nous accompagner dans l’entrée sur ces marchés et arriver à certains comptes clés…". La start-up, spécialisée dans la gestion de crise et la formation cyber des dirigeants et des Comex, accompagne aussi des clients à l’étranger… et a manifestement de l’ambition hors de son territoire.

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