Les frères Balusson ont été des pionniers industriels de la valorisation des algues en Bretagne avec Olmix. "Nous travaillons dans l’univers des algues depuis une vingtaine d’années. Elles peuvent répondre à de nombreux besoins. C’est ce qui nous motive à innover encore et encore dans ce domaine d’activité", rappellent Hervé et Sébastien Balusson. C’est ainsi que Sébastien Balusson a ainsi mis sur les rails une start-up dénommée SeaWeed Concept qu’il préside.
Cautions scientifiques
Basée à Saint-Brieuc et rayonnant en Bretagne, la start-up repose sur un principe simple : valoriser les algues marines grâce à la lactofermentation. "C’est un procédé qui permet de garder l’algue avec toutes ses propriétés et de la stabiliser dans le temps. Le tout sans avoir recours à l’énergie car c’est un principe naturel", précise le dirigeant de SeaWeed Concept.
L’aventure SeaWeed est collective. "Nous travaillons également avec l’Inrae (l’Institut national de la recherche agronomique) qui nous accompagne sur la partie recherche, le choix des ferments et sur la caractérisation des résultats", ajoute le fondateur. Le CNRS, l’Université de Bretagne, le Ceva (centre d’étude et de valorisation des Algues) collaborent également avec la start-up.
Luke Balusson, neveu d’Hervé et Sébastien Balusson fait partie de l’aventure sur toute la partie liée au système industriel. Enfin, Stéphane Mahé, fondateur d’Algroupe à Saint-Brieuc, qui maîtrise le procédé des algues marines lactofermentées apporte son expertise au projet. "Nous sommes entrés au capital d’Algroupe et l’idée est de fusionner cette société à SeaWeed, à terme", poursuit Sébastien Balusson.
Si la lactofermentation des algues reste encore disruptive en France, le sujet avance déjà bien à l’international. "Les Iles Féroé, l’Irlande, l’Amérique Latine avancent vite sur ce sujet.".
Une bioraffinerie en projet
Seaweed revendique une approche particulière : "être au plus près du lieu de collecte pour traiter et préserver les algues. Nous aurons donc des flexitanks, ces poches plastiques que nous mettrons dans des containers pour en faire des unités mobiles. Les algues seront stockées dans ces poches avant d’être déposées sur une plateforme où elles deviendront de l’ensilage d’algues qui alimenteront notre bioraffinerie." De cette bioraffinerie sortiront donc une partie liquide et une partie solide.
Le jus pourra servir pour le secteur agricole, à la fois pour la fertilisation des sols comme pour la biostimulation des plantes et l’alimentation animale. Il pourra aussi être utilisé dans l’alimentation humaine. Il en sera de même pour la partie solide. SeaWeed qualifie actuellement les algues qu’elle pourra utiliser. "Il y a six espèces et deux sont en cours de validation", précise Sébastien Balusson. Actuellement, le process est testé, via un outil pilote, au sein de la pépinière Cap Entreprises à Trégueux, près de Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor). "Durant 12 à 18 mois, nous allons améliorer encore notre process", détaille le dirigeant.
"Nous serons sur des besoins oscillant entre 10 et 15 millions d’euros lorsque nous serons en phase d’industrialisation"
En quête de financements
Dans le même temps, l’entreprise se met en quête de financements. "Nous chiffrons nos besoins en financement entre deux et trois millions d’euros pour cette phase de développement, puis nous serons sur des besoins oscillant entre 10 et 15 millions d’euros lorsque nous serons en phase d’industrialisation", dévoilent les frères Balusson. Derrière l’industrialisation, il faut entendre la construction d’une bio-raffinerie. "Elle devrait voir le jour sur une friche industrielle du Centre-Bretagne", avance Hervé Balusson.
Le financement du projet se fera par différents biais. "Nous sollicitons la Région, l’État et aussi l’Europe, explique le dirigeant. Il existe des dispositifs spécifiques d’aides. Nous prévoyons aussi de lever des fonds."
Les clients de Seaweed seront des fournisseurs d’ingrédients, des acteurs de la nutrition animale, de la nutrition humaine… Le marché sera tourné vers le seul BtoB. Des recrutements sur la partie commerciale sont prévus.
Dans leur business plan, les créateurs de Seaweed Concept projettent d’ici dix ans de réaliser 25 millions d’euros de chiffre d’affaires. Une cinquantaine d’emplois seraient créés localement et à l’international.