SeaFrance : La compagnie peut-elle redresser la barre?
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SeaFrance : La compagnie peut-elle redresser la barre?

La fin de la période d'observation judiciaire de SeaFrance est fixée au 28avril. La SNCF, son actionnaire, prépare parallèlement un plan de recapitalisation. Dans un contexte social et économique complexe, l'avenir de la compagnie est incertain.

«Le monde économique ne regarde pas dans le rétro. Il faut regarder devant. Mon mot d'ordre commercial est: business as usual.» Kathy Fléta, cadre au service commerciade SeaFrance n'a pas occulté les difficultés de la compagnie en conviant la presse à découvrir les offres commerciales 2011. La question du devenir des 872 salariés de SeaFrance est au coeur de l'actualité.




Un rendez-vous le 28avril

En effet, l'une des dernières compagnies maritimes françaises n'a jamais semblé aussi près de l'échouage. L'an passé, son actionnaire, la SNCF avait injecté 50M€ après accord de la commission européenne pour renflouer sa filiale. Cela n'a pas suffi. SeaFrance a été placée en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Paris. La période d'observation arrive à terme le 28avril. Mi-février, la SNCF a indiqué «ne pas avoir trouvé de repreneur et indiqué faire une demande de recapitalisation auprès de Bruxelles.» Le décompte est lancé. Comment inverser la spirale? Trouver un repreneur: LD Lines, Brittany Ferries, DFDS ont notamment jeté l'éponge. La perte nette sur le dernier exercice s'élève à 24M€. «Depuis trois ans, l'opposition farouche des syndicats a effrayé les armateurs. Après, il peut y avoir une proposition de dernière minute mais ce repreneur voudra des garanties solides. La disparition de la compagnie serait catastrophique», indique Vincent Groizeleau de Mer et Marine.




Salariés et futurs patrons?

Sur le pont, les salariés n'excluent pas de rendre la compagnie via une Scop. Les besoins financiers de la compagnie rendent difficile cette perspective. Autre problématique à gérer pour un possible investisseur: la concurrence forte sur le Transmanche avec P & O qui modernise sa flotte. La réglementation risque également de compliquer la donne. Le 1erjanvier 2015, les armateurs naviguant en Mer du Nord, Manche et Baltique devront abandonner le fuel pour passer à des carburants désulfuré. La note sera salée et le surcoût du carburant atteindrait de 40 à 100%. La répercussion de cette hausse sur le prix du voyage entraînerait également une baisse de compétitivité.




La résistance s'organise

En attendant, la compagnie n'entend pas baisser les bras. «Notre attitude est de se dire que nous avons un merveilleux outil entre les mains. Notre nouveau programme industriel (NPI) est en place et il est prévu que nous le déclinions jusqu'en 2016. Nous montrerons ainsi aux administrateurs judiciaires et à l'Union Européenne que nous sommes en train de construire notre avenir pas à pas», martèle Kathy Fléta, qui veut balayer d'un geste «les opérations de déstabilisation diverses dont la compagnie a fait l'objet.» Le nouveau programme industriel porte sur l'adaptation de la flotte aux besoins de la clientèle touristique et du fret. Ainsi SeaFrance adapte ses horaires de traversées et ses navires selon les pics d'activité. «Une évidence», pour plusieurs observateurs du Transmanche. Le NPI porte aussi et surtout sur la suppression de 725 postes. «Sur les deux premiers mois de l'année, nous sommes dans les prévisions présentées à Bruxelles. Le fret s'annonce bien: Nous sommes à 18,2% de part de marché sur les deux premiers mois de l'année. Les booking touristiques de Pâques et de l'été sont bons.La marge à bord est meilleure aussi. Nos indicateurs économiques se remettent au vert.» Et Kathy Fléta de rappeler que l'an passé SeaFrance avait progressé de 5,5% sur le marché touristique.




À l'heure pour les JO 2012

L'entreprise a musclé son offre commerciale. Après avoir formé ses chefs cuisiniers chez Lenôtre, elle a choisi d'offrir à bord une «vraie gastronomie à la française» en plus de ses prestations traditionnelles. Sur le plan des nouvelles technologies, elle propose désormais un accès wifi et a décliné une application sur smartphones. En terme de projections, pas question non plus de ne pas se positionner pour les JO 2012. «Avec des prévisions de vente de huit millions de tickets, la concentration de 78% des compétitions à Londres et dans le Sud-Est du pays, les prévisions qui laissent à penser que 21% des visiteurs viendraient par voie d'eau, nous ne pouvons pas ne pas y être.» Pour juger de tout cela, SeaFrance devra avoir retrouver une forme olympique.

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