Le spécialiste de la gestion de l’énergie et des automatismes industriels Schneider Electric (160 000 salariés ; 40,15 Md€ de CA) a inauguré la semaine dernière un nouveau campus destiné à son école historique. Installé sur la presqu’île scientifique de Grenoble, à proximité du centre de R & D de l’activité Energy (distribution électrique moyenne tension), il réunit désormais sur un même site les élèves du lycée Schneider Electric et ceux du CFA (centre de formation des apprentis). Le montant de l’investissement pour l’achat de matériel et l’aménagement des locaux n’a pas été communiqué par le groupe. Schneider a précisé louer le bâtiment auprès de la PME grenobloise spécialisée dans les instruments d’analyse par rayons X, Xenocs.
Former aux métiers en tension de l’électrification
Au-delà du regroupement des formations, ce changement d’échelle répond à un enjeu plus large : celui des compétences dans les métiers de l’électrification. "La filière électrique représente déjà plus de 600 000 emplois en France, et pourrait créer 200 000 postes supplémentaires d’ici à 2030 selon France Travail", a ainsi rappelé Aymeric Renaud, président de Schneider Electric France lors de l’inauguration. "Cette école et les parcours de formation qu’elle propose sont absolument capitaux pour nous permettre de former des personnes compétentes, afin de pouvoir déployer nos technologies à l’échelle", a ajouté le président.
Créée en 1929, l’École Schneider Electric revendique le statut de plus ancienne école d’entreprise encore en activité. Elle regroupe un lycée et un CFA, proposant des parcours de la seconde à la licence. Chaque année, près de 350 élèves y sont formés gratuitement, l'école se finançant grâce à la taxe d'apprentissage versée par les entreprises.
De nouvelles formations pour accompagner les besoins de la filière
Le campus accompagne également l’évolution des besoins de la filière. Après avoir lancé en 2025 un BTS Cybersécurité, Informatique et Réseaux, dont la première promotion sera diplômée cette année, l’établissement entend développer de nouveaux moyens pédagogiques et renforcer les liens entre formation et industrie. Si les étudiants se pressent pour entrer au sein de ce nouveau BTS, les alternances sont encore difficiles à trouver en matière de cybersécurité. Selon la direction de l’établissement, les entreprises restent encore réticentes à recruter des alternants de niveau BTS dans ce domaine.
Faire de Grenoble un pôle de référence en technologies de l’électrification
Le groupe emploie quelque 5 000 personnes dans le bassin grenoblois, où il s’appuie sur un écosystème associant sites industriels, centres tertiaires et activités de R & D. Avec ce nouveau campus, Schneider Electric souhaite aussi renforcer l’attractivité locale des métiers liés à l’électrification et contribuer à structurer un pôle de référence sur ces technologies.
"Le monde de l’énergie va changer ces dix prochaines années, nous sommes en train de passer du courant alternatif au courant en continu. Pour rester pertinents dans ce monde en mouvement, nous avons besoin d’une formation à l’entrée et de la formation continue", a déclaré de son côté Frédéric Godemel, directeur de la division Energy Management de Schneider Electric et membre du comité exécutif du groupe.