Avec un investissement de vingt millions d'euros, l'équipementier automobile Schaeffler fait plus qu'ancrer son développement à Calais.
Le centre expert du groupe
Le groupe, qui avoisine les 70.000 salariés et les 70 implantations, ambitionne de faire du site calaisien «le centre de compétences pour les systèmes de transmission par chaînes pour le groupe». En pole position pour les chaînes de transmission, Schaeffler va quitter courant juillet2013 son site historique du centre-ville de Calais pour rejoindre la zone industrielle Marcel-Doret et plus spécialement l'ancienne teinturerie Bellier. «Nous sommes actuellement enclavés dans Calais. Ce qui génère de gros problèmes logistiques avec pas moins de quarante camions qui arrivent ou repartent chaque jour», détaille Christophe Budin, directeur de l'usine. La recherche d'un terrain a construire a été mise à mal par la crise et par le redressement judiciaire qui a suivi en 2008. Depuis Schaeffler a redressé la barre et choisi de s'implanter dans cette ancienne teinturerie. «Le bâtiment date de 1997. Sa surface construite est d'environ 43.000m² contre 22.000m² ici et il y a des possibilités d'extension à moyen ou long terme», poursuit le dirigeant.
Pas d'arrêt de production
Le déménagement du plus important site du groupe en matière de production de chaînes se fera sans arrêt de la fabrication. Tout démarrera par les pôles qui sont en fin de process dès octobre prochain. Peu à peu, les expéditions et assemblages rejoindront la zone située à l'est de la ville. Ensuite, il s'agira de transférer le milieu du process puis les premières opérations. En septembre2013, Schaeffler devrait avoir pris pleinement possession de ses nouveaux locaux. Sur place, des défis majeurs se profilent. L'idée est de réduire de 50% la manutention et la distance parcourue par les composants. «En moyenne, une pièce effectue 1,2km au sein de l'usine. Nous voulons atteindre 600 mètres.»
Productivité et croissance
Les stocks vont également être réduits, il y aura donc plus de flux tendus. La productivité va également augmenter: de 26km de chaînes produites aujourd'hui, l'objectif tendra vers 33km. C'est aussi sur la qualité que l'usine sait qu'elle sera jugée: «Elle a été multipliée par cinq depuis le rachat.» Cet élan est aussi marqué par l'annonce d'une cinquantaine de recrutements. «Les embauches ont déjà démarré. Elles se poursuivront jusqu'à 2015. Les trois quarts concernent la production mais ce sont aussi les fonctions supports qui profitent de cet essor en R & D, ingénierie et process.»
98% des ventes à l'export
À ce jour, l'unité calaisienne compte 386 salariés dont 80 intérimaires et CDD soit un niveau d'emploi conforme à celui qu'elle avait avant la crise. Côté carnets de commandes, le directeur du site se veut plutôt serein. «Nous exportons à 98% Pour l'instant, nous n'enregistrons pas de baisses mais plutôt des hausses. En 2011, nous avons eu 17 nouveaux contrats. Aujourd'hui, la volonté du groupe est claire: attaquer d'autres marchés et gagner de nouveaux clients comme Daimler.»
Ségolène Mahias
sous-traitance automobile En officialisant un investissement de 20millions d'euros, l'équipementier allemand Schaeffler renforce la position de son site calaisien. La nouvelle unité de fabrication de chaînes de transmission va devenir l'usine de référence du groupe.