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SCEA des Garrigues : «Avancer malgré tout»
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SCEA des Garrigues : «Avancer malgré tout»

La SCEA des Garrigues, spécialisée dans les jeunes pousses de salade, à Roquebrune-sur-Argens, a été touchée par les inondations de juin. Retour sur une remise en production.

Philippe Auda est fatigué... Il faut dire qu'il y a de quoi. Ce jeune maraîcher qui exploite 12 hectares de jeunes pousses de salade a été touché par les inondations qui ont frappé Roquebrune-sur-Argens, en juin. Quatre mois après cet épisode traumatique, cet agriculteur dynamique fait le bilan. «Nous avons mis six semaines pour nettoyer les parcelles cultivables et les serres. Il nous reste encore 2,5hectares à niveler. Mais ça va mieux: nous récoltons de nouveau». Il faut dire que Philippe Auda, lors de son installation, il y a 7 ans, avait étudié l'implantation de ses structures de production avec attention. Et, quand il a ajouté une serre à son exploitation, derrière la serre de verre existante, il avait privilégié une technique de construction venue de la vallée du Pô, en Italie.




Des filets relevables en cas de crue

Ces serres ont été installées dans le sens de la montée des eaux. Une sonde placée dans le canal qui longe l'exploitation commande automatiquement des parois rétractables. Quand l'épisode de crue est advenu, les filets sont montés et seule la production en cours a été emportée, la «multichapelle» a tenu bon contre la déferlante. Ce qui n'a pas été le cas de la vieille serre en verre dont les parties basses ont été brisées. Aujourd'hui, le jeune exploitant est en négociation avec son assurance. Il souhaite remplacer le bas de la serre vitrée par ce même système, plus onéreux, mais plus sûr. Il s'inquiète des travaux à réaliser sur le fleuve qui ne sont toujours pas avancés. «Des arbres menacent de tomber et d'endommager davantage les berges, il reste des embâcles à enlever et des brèches à colmater. Si cela n'est pas fait, nous risquons d'avoir encore des soucis cet hiver». Et de la réactivité de l'État. En attendant, il a remis en état - et rehaussé à deux mètres du sol - l'installation électrique et frigorifique de l'exploitation et retrouvé son niveau de culture d'avant les inondations. «Même si j'ai perdu un gros client cet été... J'ai été extrêmement touché par l'élan de solidarité des agro-fournisseurs et des maisons grainières». Il veut garder espoir et faire avancer son entreprise. «Si c'est pour faire du surplace, cela ne sert à rien d'entreprendre».

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