Le Groupe SBM passe dans la cour des grands. Ce groupe lyonnais créé en 1994 et basé à Ecully, spécialisé dans le développement, la fabrication et la distribution de produits de protection des cultures pour les professionnels (agriculture) et les particuliers (jardin et habitat) vient de finaliser le rachat de l’activité Bayer Jardin en Europe et Bayer Advanced en Amérique du Nord. Les deux acquisitions seront regroupées avec les marques grand public de Novajardin (Solabiol, Capiscol, Caussade et ANTI) et l'ensemble devient "SBM Life Science".
Le groupe SBM a, l'air de rien, quadruplé son chiffre d’affaires, passé de 83 millions d'euros à plus de 300 millions. Et a, dans le même temps, multiplié par deux et demi le nombre de ses collaborateurs, passés de 250 en France uniquement à 600 dans dix-sept pays du monde.
Avec Bayer Jardin qui rentre dans le giron du groupe SMB, pesait 120 millions d'euros de chiffre d’affaires supplémentaire en Europe et 110 millions d'euros aux Etats-Unis, avec 230 personnes. Cette acquisition s'est accompagnée d'une centaine d’embauches destinée à remplir les fonctions supports. « Nous avons fait appel à un cabinet d’avocat et à des cabinets de conseil comme Sage, GFI, Cap Gemini… pour nous accompagner dans nos démarches » signale le dirigeant qui décrit qu’un des plus gros enjeux de cette acquisition fut de « construire un ERP (logiciel qui permet l’unicité des informations, NDLR) complet en six mois ». Enjeu auquel il faut ajouter des détails qui n'en sont pas comme attribuer des lignes téléphoniques à tous, des véhicules de fonction aux commerciaux, rédiger les contrats d'assurance dans 17 pays différents...
Digérer la croissance
Cette entreprise qui grandit par croissance externe depuis 1994 doit maintenant digérer cette croissance. Mi-octobre, quelques jours après la finalisation du rachat, son directeur général, Alexandre Simmler, fils du Président-fondateur Jean-Paul, 74 ans, un ex-cadre de Rhône-Poulenc qui a racheté une usine à son employeur en pleine crise de la Politique Agricole Commune, avait l’apparence de la sérénité. "Nous avons approché Bayer Jardin et Bayer Advanced au printemps, raconte Alexandre Simmler. Il s’agissait pour nous de poursuivre notre stratégie de développement engagé dès 2000. Nous étions très franco-français, cet achat nous offre l’opportunité de sortir des frontières de l’Hexagone". Les dirigeants ne voulaient pas "partir de zéro", la vente de Bayer a été pour eux une opportunité "rêvée". "Nombreuses étaient les entreprises intéressées par le rachat de ces divisions du groupe allemand, veut rappeler Alexandre Simmler. Nous avons réussi à convaincre le groupe car nous avions la volonté de garder tout le personnel qui voulait bien nous rejoindre. Cet aspect était très important pour les dirigeants allemands " décrit ce triathlonien de haut niveau.