Pierre Jacquelot, président d'Opcalia Rhône-Alpes, organisme paritaire collecteur des fonds de formation professionnelle, et Guillaume Sarkozy, délégué général de Malakoff Médéric, premier groupe paritaire de protection sociale, présentaient début février à Lyon les résultats d'une étude sur la santé en entreprise menée par Sociovision. Objectifs: placer la santé au coeur du dialogue social; disposer d'indicateurs sur les représentations des entreprises et des salariés par rapport aux maladies professionnelles, et mesurer leurs attentes en matière de prévention et de gestion des risques; comparer les indicateurs à la moyenne nationale; détecter d'éventuels risques méconnus... En Rhône-Alpes, ce sont quelque 500 salariés du secteur privé qui avaient répondu aux enquêteurs, puis une quinzaine de chefs d'entreprise.
Frontière entre vies professionnelle et privée
«Le bien-être et la santé des salariés sont importants à plus d'un titre, en lien direct avec la productivité de l'entreprise», expliquait Guillaume Sarkozy, affirmant l'utilité de prendre en compte la santé dans sa globalité (et pas seulement en entreprise). «La professionnalisation et le dialogue social ne s'improvisent pas», poursuivait-il en soulignant les besoins de formation en entreprise.
Parmi les chiffres révélés par l'enquête, on découvre que 35% des salariés de Rhône-Alpes présentent un risque fort lié aux composantes de leur travail (égal aux résultats nationaux), et que le repli social (28%) et l'environnement personnel (27%) sont des facteurs de risque presque aussi importants, même s'ils sont moindres en Rhône-Alpes. Le coeur du problème, selon Guillaume Sarkozy: «La complexité des relations entre ce qui se passe dans l'entreprise et ce qui se passe dans la vie des gens. La frontière est ténue entre vies professionnelle et privée, et parfois les salariés eux-mêmes ne mettent pas de frontière. De leur côté, les patrons ne savent pas trop comment gérer ce sujet, craignent de s'immiscer dans la vie privée et de se le voir reprocher.»
Troubles et risques
Autres indications: 22% des salariés subissent une pression psychologique suffisamment forte pour impacter l'absentéisme et la qualité de la présence, alors que 12% des salariés en arrêt de travail le sont pour cause de troubles psychologiques, contre 9% à l'échelle nationale. 47% des salariés parlent de leur travail comme «physiquement fatigant», 24% risquent des blessures sur machine, 40% des agressions ou insultes par les clients... Signe des temps, 58% des salariés travaillent sur écran le plus clair de leur journée. Enfin 28% présentent un risque important lié à des problèmes de nutrition ou de manque d'activité physique et 34% souffrent de troubles de sommeil souvent ou en permanence.
- www.opcalia-ra.com
- www.malakoffmederic.com
Favorables à la professionnalisation des acteurs de l'entreprise et à la prévention santé, les deux organismes ont livré une étude sur la santé au travail en région Rhône-Alpes.