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Sanofi injecte 40 millions d'euros dans la production de bio médicaments sur son site de Lyon Gerland
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Sanofi injecte 40 millions d'euros dans la production de bio médicaments sur son site de Lyon Gerland

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Après la vente de Doliprane, le laboratoire français dévoile deux investissements de 40 millions d’euros sur son site de Gerland à Lyon. Une nouvelle orientation portée par une recherche de pointe pour le développement de bio médicaments produits sur le territoire national.

De gauche à droite, Pierre Charreau, directeur industriel, Béatrice Corpet, directrice du site de Gerland et Charles Wolf, directeur général France de Sanofi — Photo : Delphine Sauzay

Sanofi confirme un double investissement pour un montant total de 40 millions d’euros sur son site de Lyon Gerland (400 salariés). Une bonne nouvelle pour la souveraineté nationale, trois semaines après l’annonce de la cession de 50 % de sa filiale Opella, qui produit le Doliprane à Lisieux (Calvados), au fonds américain CD & R.

Essentiellement porté par Sanofi avec un appoint de France 2030 (moins de 10 %), l’enveloppe bénéficie à deux bio médicaments dans le domaine de l’immunologie : la thymoglobuline, un immunosuppresseur pour les greffes d’organes et le Tzield, nouveau traitement pour les symptômes précoces du diabète de type 1, considéré comme une maladie auto-immune. Pour rappel, les bio médicaments ont la particularité d'être produits à partir d'une source biologique vivante telles que des cellules ou bactéries.

25 millions d’euros pour la thymoglobuline

D’un montant de 25 millions d’euros, le premier est pour moitié dédié à des dépenses de développement, et pour l’autre moitié à la transformation de l’outil industriel de la thymoglobuline (1,6 million de doses produites par an). Dans sa nouvelle "plateforme de bioproduction évolutive" plus automatisée et ergonomique qui sera opérationnelle en 2027, Sanofi a notamment amélioré le système de purification du produit. Le laboratoire utilisera désormais un type de résine facilement disponible en Europe. Prescrit à 70 000 patients chaque année dans le monde, cet immunosuppresseur pour la transplantation d'organes connaît "une demande croissante".

Le pari du Tzield

Le second investissement à hauteur de 15 millions d’euros, vise à lancer une ligne de production du Tzield à Lyon, un nouveau traitement pour les patients ayant atteint un stade préclinique de diabète de type 1, dont 200 000 personnes seraient atteintes en France selon le laboratoire, et 9 millions dans le monde selon l’Organisation Mondiale de la Santé.

Le Tzield, une " innovation mondiale " indique Sanofi, a été développé par la société Provention Bio, cotée en Bourse aux États-Unis, et rachetée par le laboratoire français l’année dernière dans une transaction valorisée à 2,9 milliards de dollars.

Cette activité représente une forte "valeur ajoutée" pour le laboratoire pharmaceutique, qui ne dévoile pas son prix de vente dans l’Hexagone. Aux États-Unis, le prix du flacon avoisinerait les 14 000 dollars.

Produire dans le biodistrict de Gerland

Ce bio médicament est aujourd'hui produit par des sous-traitants à l'étranger et uniquement commercialisé aux États-Unis.

"L’objectif de Sanofi est de relocaliser l’intégralité de la production dans une nouvelle unité située sur son site de Lyon Gerland. Les premiers lots de qualification seront adressés aux autorités françaises à partir de fin 2025, pour une commercialisation prévue en 2027", a déclaré Charles Wolf, directeur général France. Une relocalisation qui fera suite à l’investissement de 500 millions d’euros dans son usine Modulus de Neuville-sur-Saône (Rhône), dédiée aux bio médicaments et aux vaccins et inaugurée en présence d’Emmanuel Macron en septembre dernier.

Aujourd’hui, le laboratoire indique que 30 à 40 % de son activité en valeur, est produite en France et que 95 % de son chiffre d'affaires est réalisé à l’étranger.

Cap sur l’immunologie

Cette nouvelle production à Lyon confirme le virage du laboratoire français vers les bio médicaments, porteurs à terme d’une meilleure rentabilité que des molécules grand public comme le Doliprane. "L’ambition de Sanofi est de devenir leader mondial en immunologie en lançant des traitements innovants pour les patients atteints de pathologies comme l’asthme, la sclérose en plaques, la bronchite chronique ou le cancer", affirme Charles Wolf.

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