Saint-Etienne : Le Club des étoiles (ASSE) veut étendre son terrain de jeu
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Saint-Etienne : Le Club des étoiles (ASSE) veut étendre son terrain de jeu

Le club d'affaires de l'ASSE a recruté une centaine de membres en l'espace de deux saisons. Il vise aujourd'hui les territoires voisins : Haute-Loire, Roanne, Vienne et Annonay.

Avec près de 500 membres au compteur, le Club des étoiles se présente comme l'un des principaux réseaux d'entreprises de la Loire. Créé en 2005, le club d'affaires de l'ASSE attire en effet un nombre croissant d'entreprises locales. « En deux saisons, nous avons gagné près de cent nouveaux membres, souligne Raphaël Vial, responsable au sein du service commercial d'ASSE promotion. Cela est lié aux résultats sportifs de l'ASSE, à la rénovation du stade et au recrutement d'un commercial qui développe le club sur d'autres territoires comme Roanne, Annonay, Vienne et la Haute-Loire ». Le président Roland Romeyer a même lui aussi mouillé le maillot en participant à la dernière assemblée générale du Medef 43. Le but : séduire les entreprises voisines.




Ticket d'entrée à 2.000?

Au-delà des grands partenaires officiels (Eovi MCD, Casino, Desjoyaux, Despi...) et institutionnels du club, la passion du ballon rond attire des entreprises locales de toutes tailles (professions libérales, artisans, TPE, PME...). « Le bâtiment est le secteur le plus représenté », signale Raphaël Vial. Une particularité notamment liée à la présence des collectivités locales pourvoyeuses de marchés publics. Pour faire partie du Club des étoiles, il faut souscrire à un abonnement. Soit un ticket d'entrée qui débute autour des 2.000 euros par personne pour une saison. Ce sésame ouvre les portes qui permettent d'assister à 25 matches ainsi qu'une dizaine d'événements variés : tournoi de poker, élection du meilleur joueur du trimestre, golf, voeux des présidents du club, speed business meeting, karting, dégustation de vins... « À ce jour, je ne connais pas d'autre club d'entreprises qui propose autant de rassemblements », vante Raphaël Vial. Le Club des étoiles diffuse également une « business letter » mensuelle de quatre pages ainsi qu'un agenda-annuaire recensant l'ensemble des membres du club.




Décomplexer les relations

« On s'est réengagé sur les trois prochaines années, parce que nous avons pris conscience de l'avantage commercial que représente le fait d'être membre », témoigne Laurent Bonnaire, gérant de la PME stéphanoise Bonnaire électricité. À l'origine, le dirigeant avait souscrit à un abonnement pour le plaisir du football.




Un vrai réseau économique ?

« Désormais, nous conservons trois matches pour nous et les autres places nous les offrons à nos clients, explique Laurent Bonnaire. Ils sont très sensibles à ce genre de geste. Cela a vraiment changé notre relation avec certains clients. Le football permet de décomplexer les relations, il apporte du confort dans les affaires. En une heure et demie de match, c'est fou ce que l'on peut débloquer ! » Laurent Bonnaire utilise également ses places au stade en interne pour récompenser ses salariés. « Nous avons dû faire des coupes budgétaires, mais c'est un budget que nous avons tenu à maintenir ». « Aller voir un match, c'est l'assurance de rencontrer tout un tas de gens des institutions publiques et économiques, c'est un endroit où l'on est certain de voir d'un coup beaucoup de monde, surtout lorsqu'il y a de grosses affiches », reconnaît François Massardier, dirigeant de la société de conseil en communication Calif solutions. Mais ce fin connaisseur des réseaux d'influence estime que le Club des étoiles n'en est pas vraiment un. « Selon moi, ce n'est pas un réseau économique pertinent car les gens sont avant tout là par passion du football. Pour que le Club des étoiles devienne un réseau profitable, il faudrait qu'il organise des événements clairement orientés business. Ce qui marche bien par exemple, ce sont les petits-déjeuners restreints à une dizaine de participants ». Autre grief : le Club des étoiles est géré depuis 2010 par Lagardère sports (Sportfive), une structure externe à l'ASSE. « Leur objectif est de générer des recettes pour le club, pas forcément que l'on fasse des affaires ».



Yann Petiteaux

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