« Nos statistiques vont dans le sens contraire du climat actuel des affaires. » Président du tribunal de commerce de Saint-Brieuc, Michel Rault ne s’explique toujours pas cette situation. Alors que sa juridiction a vu le nombre de procédures collectives passé de 45 en mars 2014 à 28 en mars 2015 (- 37 %), le contexte économique continue de surfer sur une morosité ambiante.
« Il est important de montrer que nous souffrons de moins en moins. Certes, le BTP et les cafés, hôtels et restaurants tirent la langues et représentent 80 % des dossiers traités mais globalement la situation s’améliore depuis plusieurs mois désormais. » Deux autres indicateurs sont également positifs : le nombre d’injonction de payer passé de 92 à 54 sur un an, et celui des procédures de contentieux passé de 46 à 35.
Vers une grève en mai
Ce qui inquiète davantage Michel Rault, c’est la loi Macron et le projet de « détricotage des tribunaux de commerce. Il y a une perte de confiance avec nos interlocuteurs. » Les 21 juges consulaires briochins pourraient d’ailleurs bientôt rejoindre le personnel du greffe de Saint-Brieuc dans leur mouvement régulier de grève. « C’était encore le cas mardi 7 avril. Nous partageons leur inquiétude. Une assemblée général extraordinaire devrait se tenir début mai pour décider de la suite à donner mais il y a de grande chance que nous prenions part à une action collective de protestation nationale, sans doute une grève des audiences. »