Reprendre une entreprise, c'est aussi établir des relations avec les salariés qui constituent la première richesse d'un outil de production mais peuvent s'inquiéter d'un changement brutal de direction. Le volet "ressources humaines" de la transmission aura bien entendu été étudié très sérieusement avant la transaction pour évaluer les compétences et les potentialités des équipes en place. L'idéal est de pouvoir rencontrer les principaux cadres avant la reprise mais les cédants n'y sont pas toujours favorables.
«Occuper le bureau du patron»
«La première chose à faire, dès le premier jour, c'est d'occuper le bureau du patron afin qu'il n'y ait aucune ambiguïté, même si le cédant vous accompagne quelques mois dans l'entreprise», affirme Jacques Raymond, vice-président de l'association nationale des cédants et repreneurs d'affaires (CRA). Le nouveau manager doit ensuite recevoir personnellement chacun des salariés de l'entreprise pour leur exposer ses objectifs. «Le repreneur est très souvent un passionné. Il doit présenter aux salariés ses projets de développement, son envie de conserver les compétences», explique Jacques Raymond. L'impétrant doit ainsi prendre tout le temps nécessaire pour convaincre et motiver les hommes clefs de l'entreprise sur lequel il va s'appuyer, les faire adhérer à son projet, prendre en compte leurs propres suggestions. Une motivation qui, au-delà de la volonté affichée d'aller collectivement de l'avant, peut passer par une association au capital, des mesures d'augmentation des rémunérations ou la perspective de tirer profit d'une manière ou d'une autre d'une politique de croissance.
«Faire évoluer les choses progressivement»
En revanche, souligne Jacques Raymond, «il ne faut pas tout changer d'un seul coup. Même si on apporte du sang neuf, des idées nouvelles, il faut faire évoluer les choses progressivement.» «L'important, poursuit le vice-président du CRA, c'est de rassurer les salariés. Bien leur faire comprendre que vous avez acheté l'entreprise pour la développer, que cette reprise est un symbole de croissance. Dans le cas du rachat par une personne physique, le fait que le centre de décision reste sur place contribue déjà pour beaucoup à les tranquilliser.» Il en va évidemment différemment quand le rachat est le fait d'un groupe uniquement attiré par des brevets ou une clientèle. Les craintes du personnel peuvent alors être plus difficiles à balayer!
Quand on reprend, l'idéal est de pouvoir rencontrer les principaux cadres avant la reprise. Mais les cédants n'y sont pas toujours favorables.