Basée à Boulogne-sur-Mer, la jeune société Accante a une histoire atypique, qui trouve son origine dans la rencontre de deux passionnés. Le premier, Stéphane Wattré est conseiller d'entreprises dans le domaine du numérique pour la CCI Cote d'Opale. Le deuxième, François Damay est orthodontiste. Rien ne prédestinait ces deux salariés à prendre la tête d'une société d'impression 3D, si ce n'est leur intérêt commun pour ce sujet.
L'idée Accante conçoit aujourd'hui des capots sur-mesure pour imprimantes 3D. Ces derniers améliorent la qualité de l'impression et filtrent aussi les particules fines émises. « À la base, nous étions tous les deux équipés d'imprimantes 3D et nous cherchions à en améliorer le rendu. Nous imprimions de l'ABS, un plastique industriel qui réagit fortement aux variations de température. La pièce se décolle au moindre courant d'air », raconte Stéphane Wattré. Pour y remédier, les deux hommes font un test avec un simple sac en plastique destiné à protéger les vêtements. Ils le mettent autour de l'imprimante et constatent une amélioration. De ce constat, naît l'idée de concevoir un capot pour améliorer la qualité d'impression. Viendra plus tard celle de doter le capot d'un ventilateur et d'un filtre, suite à une étude américaine publiée l'été dernier sur les particules fines émises par les imprimantes 3D. Les deux hommes réaliseront leur prototype grâce au Fablab de Calais.
Le développement « Via mes contacts CCI, je connaissais Antoine Motte, dirigeant d'une entreprise valenciennoise distributrice officielle de la marque d'imprimantes Zortrax pour la France. Je lui ai parlé de notre capot et il se trouve que des clients lui avaient demandé ce genre de solutions », explique Stéphane Wattré. Ce dernier crée alors une autoentreprise et la production démarre au Fablab, avec 15 à 20 capots par mois. « Antoine nous a invités sur le salon parisien 3D Print Show et nous y a présenté Makershop, distributeur international de la marque d'imprimantes 3D Ultimaker. Après avoir obtenu l'aval du fabriquant, Makershop nous a commandé 200 capots en début d'année, devant être vendus aux États-Unis, en Angleterre et en Finlande. Une nouvelle commande de 120 pièces pour les États-Unis a d'ailleurs eu lieu courant juin. Pour suivre ce rythme, la production est à présent réalisée en sous-traitance. Nous voulons nous concentrer sur l'ingineering », indique le dirigeant.
Les perspectives Pour poursuivre le développement et inclure son associé dans l'aventure, Stéphane Wattré est passé, fin mai, de l'autoentreprise à une SAS, baptisée Accante. Sur le premier exercice, les dirigeants prévoient un chiffre d'affaires de 150.000 euros, tout en étant rentables. Par la suite, ils veulent apporter d'autres améliorations à leurs capots mais aussi concevoir d'autres produits. « Nous avons développé un prototype d'imprimante 3D pour le milieu dentaire », indique Stéphane Wattré, avant de conclure en souriant : « Je suis un bon exemple d'un modèle qui peut démarrer dans un Fablab et prendre son essor.
Élodie Soury-Lavergne
Impression 3D Tous les deux salariés, Stéphane Wattré et François Damay sont aussi à la tête d'Accante, une société spécialisée dans les produits liés à l'impression 3D.