Rouen : Le temps joue contre Chapelle d'Arblay
# Industrie # Investissement

Rouen : Le temps joue contre Chapelle d'Arblay

Depuis l'annonce fin 2014 de l'arrêt de la ligne 3 du site Chapelle d'Arblay du papetier UPM, les propositions du Comité d'établissement et des syndicats pour pérenniser le site trouvent peu d'écho auprès de la direction finlandaise du groupe.

De l'aveu même des participants, la rencontre le 22 mars dernier sur le site Chapelle d'Arblay entre les syndicats et le vice-président d'UPM Paper ENA (Europe et Amérique du Nord) Winfried Schaur, aura donné lieu à des échanges « très directs ». Mais au final, résume Arnaud Dauxerre, membre du Comité d'établissement, « les inquiétudes demeures ».

La convention de revitalisation signée fin janvier

Accompagné de la vice-présidente production de la branche « Paper » du groupe, Anita Haula, le dirigeant a maintenu la position de principe affichée par le groupe finlandais depuis l'annonce de la fermeture de la ligne 3 du site de Petit-Couronne : UPM ne souhaite pas ouvrir son site à d'autres industriels, malgré la douzaine de projets alternatifs mis sur la table par les représentants du personnel et les syndicats. Si UPM confirme vouloir maintenir le site dans la durée, l'impression générale reste que le groupe « a joué la montre » ces derniers mois, explique Arnaud Dauxerre. « La convention de revitalisation a été signée seulement fin janvier alors que tout était prêt depuis juillet dernier ! »

Déjà 140.000 euros engagés dans des études

Mais les élections régionales sont passées par là... « Les interlocuteurs ont changé, y compris à la préfecture, et on a dû re-sensibiliser tout le monde ». Le tout pour accoucher début mars « d'une grand-messe un peu caricaturale en préfecture au cours de laquelle on nous a simplement expliqué comment les choses allaient se mettre en place », décrit le responsable régional matières premières d'UPM. « On a expliqué, pour notre part, que les études avaient déjà été faites et que 140.000 euros avaient été engagés pour cela... » Au final, Arnaud Dauxerre se dit « déçu et effrayé par l'absence de vision des politiques sur l'avenir industriel du site ». Et pour illustrer son propos, il cite en exemple le projet de reconversion de la machine 3 pour la production de papier d'emballage : « À force de perdre du temps, ce qui aurait pu être cohérent l'est de moins en moins », reconnaît-il. « L'immobilisme est pire que tout ».

Des marques d'intérêts pour le site Chapelle d'Arblay

Pourtant, les marques d'intérêts sont là. « Les groupes Nine Dragons Paper (Hong-Kong) et DS Smith Packaging (GB), notamment, ont confirmé leur volonté de visiter le site de Petit-Couronne ». Mais là encore, l'issue reste conditionnée à la volonté, ou pas, d'UPM d'engager des discussions avec ces potentiels partenaires. « Sur l'un de ses sites allemands, UPM a engagé un partenariat avec un industriel local pour un projet de production de papier d'emballage. Alors pourquoi ce qui est possible en Allemagne ne le serait pas en France ? », interroge Arnaud Dauxerre. Avec ses 260.000 tonnes de production annuelle, le site Normand reste « une petite unité » au sein de la galaxie UPM, quand d'autres frôlent les 800.000 tonnes sur une seule machine !

La stratégie illisible d'UPM

La convention de revitalisation sonne alors comme un dernier espoir pour Chapelle d'Arblay. Sauf que pour l'heure, UPM s'en empare « très mollement », juge Arnaud Dauxerre. « Pour autant, il existe aujourd'hui une douzaine de projets sur le site, d'importances diverses, et le comité d'établissement et les syndicats se battent pour ça ». De nouveau des contacts existent avec des industriels spécialisés dans le déconditionnement et le traitement du papier, « mais il faut qu'UPM se mette autour de la table, hors à ce jour aucun groupe de travail n'a été mis en place en interne sur ces sujets ! » Il y a quelques mois encore UPM promettait d'investir 6 millions d'euros dans une unité de production de papier. Aujourd'hui, plus aucun investissement n'est fléché. « On évoque un simple rafistolage et un budget de maintenance », lâche Arnaud Dauxerre.

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