Revitalisation : Comment recréer de l'emploi industriel
# Ressources humaines

Revitalisation : Comment recréer de l'emploi industriel

Les conventions de revitalisation visent à associer l'employeur qui supprime des emplois à la création de nouveaux postes. Le point dans le Rhône.

Fin décembre2011, quinze revitalisations étaient en cours dans le Rhône, dont sept à la suite de restructurations dans la chimie, et quatre dans l'automobile. Sur les 1.336 emplois qui étaient à recréer, 1.135 l'avaient été grâce à la mobilisation de 3,3M€ des crédits de revitalisation disponibles. Le solde, 1M€, devant servir à financer les 200 emplois restant à recréer. Toute entreprise de plus de 1.000 salariés en Europe qui procède à des licenciements collectifs a obligation de revitaliser le territoire concerné, en consacrant deux à quatre fois le Smic par poste supprimé à recréer de l'emploi. L'État, par la voie de la préfecture, négocie le coefficient avec l'entreprise. «Le montant de la contribution dépend de la santé de l'entreprise», explique Marie-Thérèse Delaunay, sous-préfète du Rhône. Ce crédit de revitalisation peut intervenir en subvention à la création d'emplois ou servir de levier bancaire à l'entreprise qui investit pour recréer des emplois. «Récemment, précise Mme Delaunay, nous avons fléché des actions liées au plan de mobilisation pour l'emploi, en finançant des permis de conduire, ou des accompagnements à la mobilité professionnelle.» Les aides sont décidées au cas par cas, en fonction des besoins et capacités des territoires concernés.




Le cas d'Ontex

Katalyse, l'un des principaux opérateurs de la revitalisation en France, intervient en ce moment sur la convention d'Ontex, fabricant de couches-culottes qui va fermer à Arnas et supprimer 185 emplois (deux transferts ont été opérés). «La négociation a été longue et l'entreprise devra consacrer un budget d'environ 1M€ à l'action de revitalisation industrielle du Val de Saône. Cette phase est importante car si aucun accord n'est trouvé, l'amende payée par l'entreprise ne bénéficie pas au territoire mais est versée directement à Bercy, explique Isabelle Mercier, directrice du bureau de Lyon de Katalyse, qui suit ce dossier. Le but n'est pas de sanctionner au maximum l'entreprise qui restructure, mais de trouver une fenêtre de tir acceptable pour que le territoire trouve les ressources nécessaires à la recréation des emplois détruits.» Parallèlement à la négociation, un travail de recueil des attentes et des besoins du territoire est mené avec tous les acteurs économiques locaux: la Cavil, la CCI du Beaujolais, la CMA du Rhône, les mairies d'Arnas et Villefranche, l'Aderly,etc. Le but: identifier les PME industrielles «les plus prometteuses» pour les aider à se développer et à créer des emplois. Puis les accompagner dans cette démarche. Katalyse leur proposera un accompagnement pour identifier les ressources nécessaires et savoir comment les mobiliser. Enfin, le cabinet qui s'engage sur le résultat des conventions, en assurera le suivi et l'évaluation. Dans le cas d'Ontex, une centaine d'entreprises à potentiel a été identifiée sur le Val de Saône. Et trois projets seraient déjà dans les starting-blocks. .

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