EADS Sogerma a cédé en novembre sa filiale Revima à la holding Brotonne Capital composée du d-g du site Christian Grzanka et de Christian Knapp, ancien P-dg d'Aircelle. Après huit ans de recherche d'un éventuel partenaire pour la reprise de sa filiale spécialisée dans la maintenance de trains d'atterrissage, le groupe EADS a finalement conclu un accord avec un pool d'actionnaires composé de Christian Grzanka, directeur général du site de Caudebec-en-Caux depuis 2003, et de Christian Knapp, ancien P-dg de l'équipementier havrais Aircelle.
Un processus de vente engagé dès 2004
À l'issue d'un long processus de démantèlement engagé en 1996 avec la prise de participation majoritaire de Sogerma et la cession deux ans plus tard de l'activité turbopropulseurs de Revima, poursuivie par la vente définitive en 2008 de Revima APU à Hamilton Sundstrand, le site de Caudebec-en-Caux quitte à son tour le giron du géant européen de l'aérospatial. «En 2004, après la création d'une joint-venture entre EADS Revima et Hamilton Sundstrand pour le contrôle d'APU, les dirigeants de Sogerma (devenue EADS Sogerma en 2000) sont venus nous annoncer que leur objectif était de se séparer également de Revima», explique Christian Grzanka. L'optique retenue est alors de chercher repreneur du côté des industriels: «tous nos concurrents sont venus nous voir», se rappelle le d-g de l'époque. Sans succès. Alors en 2006 les actionnaires ont ouvert la vente à des fonds d'investissements: «là, on a vu du monde!» Pour Christian Grzanka, qui a démarré sa carrière chez Revima comme ingénieur travaux neufs, le risque d'un démantèlement est trop fort: «nous sommes une entreprise fortement capitalisée, avec 40M€ en capital et 30M€ de stocks», explique le dirigeant. «Je ne pouvais pas imaginer un fonds venir casser ce jouet que je connaissais si bien!»
Investir 12,5M€ sur cinq ans
«J'ai alors rencontré Christian Knapp, l'ancien P-dg d'Aircelle, avec qui nous avons pris la décision de monter un projet de reprise; nous avons déposé une offre le 30novembre 2007et quatre mois plus tard le groupe EADS est revenu vers nous». Les nouveaux actionnaires projettent d'ores et déjà d'investir 12,5M€ sur cinq ans pour assurer la pérennité de l'entreprise dans un marché tendu mais globalement favorable qui voit croître chaque année la flotte mondiale de 5%. Guillaume Ducable