Basée à Colomiers (Haute-Garonne), où elle emploie 750 salariés, Cimpa (1 600 collaborateurs, CA 2024 : 160 M€), spécialisée dans la gestion du cycle de vie des produits (ou PLM, product life management) pour les grands comptes de l’industrie, ambitionne de franchir le cap des 200 millions d’euros de chiffre d’affaires "dans les 3 à 5 ans". C’est ce qu’indique son PDG Pascal Mottet, qui a commencé sa carrière dans l’entreprise en tant que stagiaire il y a 30 ans.
La gestion du cycle de vie du produit est un ensemble de concepts, de méthodes et d’outils logiciels permettant de créer et d’entretenir les produits industriels tout au long de leur cycle de vie, depuis l’établissement du cahier des charges et des services associés jusqu’à la fin de vie, en passant par le maintien en condition opérationnelle. Ainsi, les produits manufacturés sont définis, mis au point, simulés, produits et gérés numériquement.
Les leçons de l’A380
"Le PLM a été un enjeu clé sur l’A380, le premier grand programme d’avion d’Airbus (EADS à l’époque), se remémore le dirigeant. Des équipes transnationales travaillaient chacune avec leurs propres outils de PLM, qui n’étaient pas unifiés. Cela a généré des problèmes lors de l’assemblage de l’avion, avec des fils qui n’arrivaient pas au bon endroit. Airbus en a tiré toutes les conclusions pour ne pas répéter ces erreurs-là sur les programmes suivants, avec un PLM unifié sur l’A350 ou l’A400M." Cimpa supporte quatre grandes technologies PLM : Dassault Systèmes, Siemens, Parametric Technology et Aras.
Doublement de taille en 10 ans
Créée en 1995 à partir du Centre de Recherche de l’Aérospatiale à Suresnes (Hauts-de-Seine) avec une équipe d’une vingtaine d’ingénieurs, Cimpa est devenue une filiale à part entière d’Aerospatiale, EADS puis Airbus, s’installant près de Toulouse en 2000. Acquise en 2015 par l’ESN Sopra Steria (51 000 collaborateurs, CA 2024 : 5,8 Md€), qui ne disposait jusqu’alors pas d’offre PLM, Cimpa compte à l’époque 800 salariés et réalise un chiffre d’affaires de 80 millions d’euros.
"En 10 ans, nous avons doublé de taille", se félicite le dirigeant, qui prévoit une légère croissance en 2025. Pendant les 20 premières années de son existence dans le giron d’Airbus, Cimpa s’est déployé à l’international en créant des filiales en Allemagne, en Espagne et au Royaume-Uni. Après avoir rejoint Sopra Steria, dont elle a intégré le vertical Aeroline, elle a ouvert une nouvelle entité en Inde. L’ETI réfléchit aujourd’hui à d’autres expansions "pour être plus fort sur les continents américain et asiatique."
Recrutement et croissance externe
"Sopra Steria nous a ouvert son carnet de clients, explique Pascal Mottet. Nous avons gardé un lien fort avec Airbus et nous sommes présents chez Thales, Safran, Dassault Aviation et Ariane Group. Mais nous nous diversifions pour valoriser notre savoir-faire et pour équilibrer les risques."
Aujourd’hui, Cimpa évolue dans quatre domaines industriels : l’aéronautique au sens large (80 % du CA), l’énergie (avec EDF), les transports (Alstom) et la défense (Naval Group). "Nous visons des industries de produits complexes à long cycle de vie, ajoute le dirigeant. Et nous faisons partie d’un groupe dont la stratégie est d’être un partenaire de référence et d’accompagner ses clients partout où ils sont implantés." Plus de la moitié des collaborateurs de Cimpa sont ainsi déployés au sein des bureaux d’études et des usines de ses clients.
La société, qui anticipe une accélération de sa croissance en 2026, investit chaque année dans des outils technologiques, dans la formation continue de ses collaborateurs et dans le recrutement. "L’année prochaine, nous allons nous renforcer en intégrant des jeunes sortis d’école, qui ont étudié l’intelligence artificielle et qui pensent IA", précise le dirigeant. Elle envisage aussi de grandir par croissance externe d’ici 2030. "Nous souhaitons compléter notre offre PLM par l’acquisition de sociétés européennes à notre taille", résume Pascal Mottet.