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Restrictions d’eau : des industriels morbihannais contraints de ralentir leur production
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Restrictions d’eau : des industriels morbihannais contraints de ralentir leur production

Les fortes chaleurs et la baisse du niveau des nappes phréatiques conduisent plusieurs industriels du Morbihan à réduire leur consommation d’eau. Le fabricant de chips Altho Brets a dû ralentir ses usines, tandis que Bretagne Compétitivité appelle les entreprises à mieux anticiper les épisodes de sécheresse.

Une usine d’Altho Brets. L’entreprise morbihannaise de fabrication de chips réduit son activité en raison des obligations de rationnement en eau — Photo : Didier Echelard

Comme partout en France en cette période de canicule, la Bretagne subit de fortes chaleurs, avec des températures ayant atteint jusqu’à 42 °C ces derniers jours dans le Morbihan. Face à des nappes souterraines jugées "modérément basses", les acteurs du territoire sont appelés à réduire leur consommation d’eau, y compris les industriels. Depuis le 24 juin 2026, Pontivy Communauté demande ainsi aux entreprises prélevant plus de 10 000 m³ d'eau par an de diminuer leurs prélèvements, dans le cadre du passage en alerte sécheresse.

Altho Brets contraint de ralentir ses usines

Les restrictions ont déjà des conséquences sur plusieurs sites industriels du territoire. C’est notamment le cas du fabricant de chips Altho Brets (500 collaborateurs, 280 M€ de CA), qui exploite deux usines à Saint-Gérand et Noyal-Pontivy, employant près de 300 salariés. "Les nouvelles restrictions, appliquées depuis mercredi 24 juin, ne permettent plus le fonctionnement des installations industrielles. Cet arrêt temporaire entraîne des conséquences importantes pour l’entreprise. Il engendre des pertes de matières premières agricoles impossibles à transformer à temps, ainsi qu’une perte d’exploitation significative sur la marque Brets", indique l’ETI bretonne dans un communiqué.

L’entreprise espérait pouvoir reprendre progressivement son activité entre dimanche et lundi. En attendant, "les équipes de supply chain et logistiques sont pleinement mobilisées pour maintenir la préparation et l’expédition des commandes dans des conditions quasi normales", précise-t-elle à destination de ses partenaires de la grande distribution.

D’autres entreprises également concernées

D'autres industriels morbihannais sont soumis à ces restrictions d’eau. Dans l’agroalimentaire, c’est notamment le cas du spécialiste de la nutrition animale Sanders, des Ateliers du Goût (produits surgelés pour les professionnels de la restauration) ou encore de Tilliz (créateur de mochis glacés). Dans d’autres secteurs, l’entreprise de chimie Olmix, implantée à Bréhan, est également concernée.

Anticiper les prochaines sécheresses

Alors que la vague de chaleur commence à s’atténuer en Bretagne, cet épisode rappelle la vulnérabilité de certaines activités industrielles face aux tensions sur la ressource en eau. C’est dans ce contexte que Bretagne Compétitivité, pilote du programme Ecodo Pro (dédié aux économies d’eau dans les entreprises bretonnes, NDLR), rappelle l’importance d’anticiper ces épisodes. "L’eau est un enjeu de compétitivité, insiste Camille Fraslin, cheffe de projet Ecodo Pro. Les épisodes que nous connaissons aujourd’hui démontrent l’importance d’anticiper. Réduire sa consommation d’eau permet non seulement de préserver une ressource essentielle pour notre territoire, mais aussi de maîtriser ses coûts et de sécuriser son activité."

Depuis cinq ans, plus de 400 entreprises bretonnes ont été accompagnées dans le cadre du programme Ecodo Pro. Selon Bretagne Compétitivité, elles ont réduit en moyenne leur consommation d’eau de 13 %. Pour aider de nouveaux industriels à s’adapter, la structure vient de publier un "Kit sécheresse 2026", destiné à diffuser les bonnes pratiques de gestion de la ressource.

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