Autour du traditionnel tonneau de saké, les 20 ans du Mitsubishi Electric R&D Centre Europe (appelé aussi "Merce") ont été célébrés à Rennes vendredi 5 juin. Cette division électronique créée en 1995 pour le marché européen emploie une cinquantaine de chercheurs, dont une quarantaine basée en Bretagne et le reste dans un autre pôle à Livingston, en Ecosse, axé sur l'habitat et la performance énergétique grâce à deux maisons pilotes comprenant 1.400 capteurs (systèmes de chauffage, pompes à chaleur, climatisation...), alors que le site rennais travaille sur les réseaux de communication pour l'automobile, le ferroviaire, etc. "Nous recrutons deux à trois doctorants par an", souligne Sophie Pautonnier, responsable de recherche.
Voiture du futur, transports intelligents...
En Bretagne, la firme japonaise travaille sur la voiture du futur, forcément plus communicante grâce notamment à la technologie Ethernet, à la fois pour la sécurité (transmission d'informations sensibles avec le plus court délai possible), mais aussi l'assistance à la conduite, les applications multimédias pour les passagers... Cette entité du groupe Mitsubishi innove également dans les télécommunications par satellite, entre autres, et les "services critiques" pour les transports : signalisation des trains, gestion des aiguillages, du freinage... C'est le "noyau de la direction générale de la R&D de Mitsubishi Electric", selon les termes de Kenji Kondo, directeur exécutif et vice-président Corporate R&D, qui avait fait le déplacement à Rennes en compagnie de Tamotsu Nomakuchi, 73 ans, conseiller exécutif et ancien P-dg du groupe Mitsubishi Electric, et son actuel jeune président européen Takato Abe, nouvellement nommé.
5% du CA réinvestis dans la R&D
Mitsubishi Electric réinvestit 5% de son chiffre d'affaires de 32 Md€ dans la R&D. A Rennes, les derniers investissements concernent un laboratoire sur la fiabilité et la robustesse des composants électroniques de puissance. Le site dispose de ses propres bancs de tests, dans le but d'accélérer le vieillissement des composants utilisés par exemple dans le cycle thermique des véhicules électriques, en vue d'améliorer leur maintenance. Objectif : baisser le coût du cycle de vie des pièces.
Tête de pont en Europe, le site breton qui a déposé 28 brevets en 2014 est en compétitivité avec d'autres pôles de recherche, y compris interne comme celui de Boston aux Etats-Unis (trois autres sont basés au Japon). Mais l'intérêt de son implantation française est clairement lié au Crédit d'impôt recherche (CIR) dont bénéficie l'entreprise, "réinvesti en totalité en France", précise Sophie Pautonnier. La Bretagne est aussi une terre d'accueil des investisseurs nippons qui portent quelque 3.000 emplois dans la région, comme l'a rappelé son président Pierrick Massiot. Un territoire "business friendly", selon Emmanuel Couet, président de Rennes Métropole qui fournit des emplois hautement qualifiés. Le directeur du site rennais, Franck Marti, est d'ailleurs un ancien élève de Télécom Bretagne. L'entreprise a un peu plus de difficultés à recruter en électronique de puissance.