Quelle est l’activité de Padmos Dieppe ?
Le groupe néerlandais Padmos équipe des navires de pêche. Nous ne construisons pas les coques, on les sous-traite. Nous sommes designers : lorsqu’on réceptionne les coques, nous les équipons entièrement au niveau motorisation et treuil. En parallèle, Padmos est distributeur officiel de la marque de moteurs marins Mitsubishi en Belgique, Grande-Bretagne, Irlande et Pays Bas. Le chantier naval Padmos est donc spécialiste de tous les types de navires de pêche motorisés Mitsubishi.
Pourquoi reprendre le chantier Manche Industrie Marine (MIM) ?
Dieppe n’était pas identifié comme une cible prioritaire. Padmos cherchait à s’implanter en France depuis quelque temps. Lors de la liquidation judiciaire du MIM, Padmos a été sollicité par des acteurs politiques et économiques locaux, dont Thomas Services Maritimes (TSM) : une entreprise de remorquage dont nous sommes des partenaires de longue date et qui fait naviguer dans le port de Dieppe principalement des Windcat, des navires de transport de personnel spécialement conçus pour l’éolien en mer.
"Dieppe concentre une activité halieutique importante, est idéalement situé par rapport à tous nos clients français de la Bretagne à Dunkerque et face à nos clients de Grande-Bretagne."
Lors de sa liquidation judiciaire, les ateliers du MIM de Dieppe étaient équipés de machines assez spécifiques à notre activité, sans oublier le savoir-faire de construction navale de haut niveau des techniciens. Et stratégiquement, le lieu était particulièrement intéressant : Dieppe concentre une activité halieutique importante, est idéalement situé par rapport à tous nos clients français de la Bretagne à Dunkerque et face à nos clients de Grande-Bretagne.
Quelle stratégie allez-vous suivre ?
Nous allons plutôt nous orienter vers une activité de maintenance (chaudronnerie, tuyauterie, motorisation et ligne de propulsion) de tout type de navires (pêche, remorqueurs, windcat, même les ferries), à l’exclusion de la maintenance hydraulique et électrique que l’on sous-traite. Avec toutefois l’objectif de reprendre la construction le plus rapidement possible, plutôt de petites unités autour des 20 mètres. Dans la mesure où notre priorité est de restructurer notre activité à Dieppe, pour avoir une base solide qui nous permette d’aborder ensuite de gros projets de construction, notre calendrier n’est pas fixé.
Vous avez repris 10 salariés sur les 38 du MIM. Avez-vous le projet d’en reprendre d’autres pour l’année 2025 ?
Oui, nous espérons reprendre des salariés dans les mois à venir. L’effectif compte aujourd’hui 11 salariés, dont six mécaniciens soudeurs issus du MIM, l’ancien chef atelier du MIM, un dessinateur industriel, un chargé d’affaires acheteur et une employée administrative.
Votre carnet de commandes est-il plein ?
Non, car il n’y a pas forcément de commandes pour les réparations. Nous devions initialement débuter notre activité le 1er mai et nous avons ouvert en réalité le 7 avril. On avait à peine ouvert pour préparer l’atelier que les bateaux arrivaient. Pour l’instant, nous avons des bateaux de Dieppe que nous avons mis à sec et nous partons travailler sur des navires à Boulogne. Avec les bateaux de pêche, on peut prévoir un minimum, mais on sait très bien que c’est lorsqu’ils sont à sec qu’on découvre des choses.
Qui sont vos concurrents ?
Nous n’en avons pas vraiment parce que nous avons choisi de ne pas marcher sur les plates-bandes des locaux, mais plutôt dans l’optique de venir en soutien. Nous avons ainsi conclu des accords avec Meca Diesel, motoriste renommé, pour qu’ils travaillent sur des moteurs Mitsubishi. On leur donne du travail et réciproquement.
Quelle est votre plus grande contrainte ?
L’urgence des travaux. Les problèmes doivent être résolus "hier"! Il faut donc être ultra-réactifs. L’entreprise ici est toute neuve et il faut néanmoins prendre les bateaux en priorité. Mais c’est aussi le point fort de Padmos : nous sommes là pour répondre à un besoin qui est urgent.