Pourquoi Edixia est partie prenante d’Excelcar ?
Pour générer rapidement du chiffre d’affaires ! Edixia ne peut être présent sur le marché que si nous nous différencions par rapport à nos concurrents. Mais une innovation à elle seule ne suffit pas pour être acceptée par un client. Ce dernier aura tendance à retenir une technologie éprouvée face à un risque potentiel. Par sa démarche de co-développement , Excelcar doit permettre à Edixia d’intégrer dès le départ l’ensemble des contraintes clients d’un projet en conditions proches de la série. L’intérêt du client ou du partenaire est de pouvoir valider en grandeur nature la solution innovante à laquelle il a lui-même participé. Cela entraine un gain de temps et de confiance, car la robustesse du processus R&D est validée avant la mise sur le marché du produit.
Qu’en attendez-vous concrètement ?
Pour Edixia, le concret a déjà démarré avec un projet validé par Excelcar concernant la qualité perçue des véhicules au montage. Ce projet implique une dizaine d’experts provenant de trois membres de la plateforme ainsi que des sociétés extérieures. Au-delà de ce côté très opérationnel, deux aspects nous intéressent particulièrement. D’une part, la mutualisation des surfaces et moyens techniques mis à disposition. Cela nous permet d’utiliser des équipements qui ne nous sont pas accessibles en temps normal pour des questions d’investissement, de compétence et de surfaces disponibles en interne. D’autre part, des opportunités d’affaires. J’ai été contacté il y deux semaines par un service d’un des grands groupes ayant rejoint la plateforme pour une problématique technique sur les composites. Le projet doit encore être monté, mais je ne pense pas que ce partenaire aurait pensé à nous, sans la visibilité que nous permet Excelcar.
Considérez-vous que les PME-PMI ont toute leur place dans la filière automobile régionale, aux côtés des géants de la place ?
Etre PME-PMI de l’automobile signifie obligatoirement qu’il faut savoir évoluer parmi les géants du secteur, particulièrement pour Edixia dont le chiffre d’affaires est réalisé pour les deux-tiers à l’export. Ce qui est vrai au niveau mondial, l’est aussi au niveau régional. Or compte tenu de la répartition de nos clients, il nous est paradoxalement plus naturel d’aller chercher des affaires en Europe, au Mexique ou en Chine alors qu’il y a certainement un potentiel d’opportunités partant des acteurs de la région que nous ne savons pas identifier. En permettant de regrouper ces acteurs sur des projets dont les intérêts sont partagés, Excelcar devrait nous éviter d’essayer d’aller toujours chercher à l’autre bout de la planète, ce qui peut être trouvé sur place : du business.
Comment voyez-vous l’avenir de PSA La Janais de votre point de vue de PME ?
Avant de m’installer en Bretagne il y a deux ans, j’habitais Aulnay-sous-Bois et j’ai pu être témoin de la fermeture du site automobile du groupe. En tant que responsable de PME, il a donc fallu envisager les impacts d’une fermeture ou de la continuité de PSA La Janais, avant de prendre la décision d’adhérer à la plateforme. Excelcar est une plateforme ouverte à la fois à d’autres acteurs de l’automobile et à des projets de diversification hors automobile. En cas de fermeture du site, cette ouverture devient un vecteur de ré-industrialisation tout en conservant les compétences régionales.
Mais le concept d’Excelcar s’inspire avant tout du cluster CEAGA qui existe depuis 2003 à Vigo, l’un des sites espagnols de PSA. Démarré avec six entreprises, il regroupe maintenant 63 sociétés et constitue l’un des moteurs clés de l’innovation et de la compétitivité assurant la pérennité de ce site espagnol. Sur le même modèle, Excelcar peut aussi devenir un des facteurs d’avenir de PSA La Janais.