La crise des financements publics. « Il faut être conscient des difficultés de financement des collectivités, qui doivent rationaliser leurs dépenses publiques pour participer à l'effort de réduction du déficit national. Toutes les associations ont donc une épée de Damoclès au-dessus de la tête, car les métropoles ont une obligation de contrôle accrue de leurs dépenses. Au Cercle Paul-Bert, qui est une association, nous sommes en plein renouvellement de notre convention de partenariat avec la Ville de Rennes, qui nous permet de toucher 2,4 millions d'euros de subventions par an. Sur 7 M€ de budget, c'est très important, et il faut être conscient de la situation complexe dans laquelle sont les collectivités. C'est toute une cohésion sociale qui peut être mise en danger. »
Le tissu économique rennais.
« Le bénévolat et le tissu associatif sont très développés à Rennes, ce qui est une chance, et fait de la ville une des métropoles françaises où il fait très bon vivre, et donc très attractive pour les cadres et la main-d'oeuvre qualifiée. Pour un développement économique cohérent et équilibré du territoire, nous avons intérêt à avoir des associations fortes. Celles-ci contribuent en effet à réduire les inégalités de richesse et favorisent l'égalité des chances. Au CPB, nous avons des relations avec quelques partenaires privés (comme Groupama par exemple), qui sponsorisent certaines équipes. L'un de nos objectifs est d'ailleurs de structurer davantage l'association, qui compte 200 salariés, comme le ferait une entreprise. Il faut rationaliser et optimiser. »
Potentiel de transversalité.
« Je crois au potentiel de transversalité. Il faut aller vers l'innovation sociale chercher des projets, pour créer des ponts entre les différents acteurs d'un territoire. Cela existe déjà beaucoup à Rennes, où il y a une ouverture vers les autres, comme le montrent des projets d'innovations portés par Crisalide ou les Oscars d'Ille-et-Vilaine. Cela ne doit pas juste être des échanges financiers, mais réellement un partenariat de projet entre collectivités et entreprises ou associations. Il n'y a plus autant d'argent public qu'avant, donc il faut resserrer les liens. On a tous un intérêt à travailler ensemble. »
>Parcours d'Etienne Pierron : Né en 1975 dans les Ardennes ; Études en AES et sciences éco à Lille, puis DEA d'économie industrielle à Rennes et doctorat de sciences éco ; DGS du Val d'Ille en 2008 ; Conseiller économique et développement, puis en ESS et environnement au conseil départemental d'Ille-et-Vilaine de 2009 à 2015.