Le pressing fait partie de ces secteurs d’activités encore peu digitalisés. Tÿkaz, nom de ce nouveau concept repris d’un projet étudiant et existant déjà aux USA, propose de rendre accessible le pressing 24 h/24, pour « gérer son pressing comme on gère déjà un certain nombre d’actes d’achats en ligne ». Le principe est simple : le client choisit sur son écran chez lui le type de linge à confier et la prestation associée, paye en ligne, puis le dépose dans un casier adapté et sécurisé, dans un local dédié ou à l’accueil de son entreprise, où il viendra le rechercher une fois traité. Plus besoin de retrouver son ticket de pressing : tout est dématérialisé ! Demain, on peut imaginer des puces RFID que le client choisira pour suivre la vie et l’entretien de ses vêtements.
Avec un partenaire industriel
Sa conceptrice a pensé toute la logistique, de A à Z. Toutes les contraintes ont été levées et Françoise Bazin a choisi un prestataire industriel de qualité : la Lavandière des Lices, à Saint-Armel (35). Ce sous-traitant réputé sur la place rennaise revendique un lavage sans perchloréthylène, avec économie d’énergie de 40% et d’eau de 70%. « Je voulais un service de qualité premium pour des tarifs de pressing de quartier, et nous serons dans une logique de circuits courts », souligne la créatrice rennaise qui a fait appel à Mobizel pour son appli, B2O pour la gestion de la production et des tournées (en véhicule électrique !), l’agence Autrement pour l’identité de marque... S’il sonne breton, Tÿkaz se veut aussi international : ses deux premières lettres forment « Thank Ÿou ». Dessinés par Conceptual à Saint-Grégoire, les casiers sont, eux, fabriqués en Italie.
Tÿkaz vise les « cadres actifs urbains, pressés et technophiles ». Pour l’instant, il ouvre d’ailleurs en B to B. « Nous sommes prêts ! » Pour 30 € par mois, toute entreprise peut offrir ce service à ses salariés, à sa porte. Elles disposeront de housses opaques et sécurisées dans lesquelles leurs salariés disposeront leur linge, comme un service de conciergerie. Avec 85 professeurs de toutes nationalités et une population souvent en costume, l’ESC de Rennes a déjà commandé ses casiers. La crèche Babylou de Cesson sera aussi pilote ce mois-ci.
Fin 2015 à Nantes, puis Paris
En parallèle, un point de retrait grand public doit ouvrir dans les trois mois à Rennes et un second en fin d’année au nord-est de Nantes, « sur des axes entrants », puis Paris au printemps 2016 en nom propre, précise Françoise Bazin. Son modèle : 30 m² pas plus, pour 40 casiers. Ne pourront y entrer que les clients qui disposeront de codes d’accès suite à leur commande. « Nous aurons notre propre réseau », prévoit Françoise Bazin qui n’exclut pas un réseau de franchises par la suite. « Nous voulons créer une marque forte », ambitionne-t-elle souhaitant également ajouter d’autres services, de coordonnerie, couture-retouches...
Quel business plan ?
Economiquement, Tÿkaz espère 700 à 800.000 € de chiffre d’affaires à trois ans, avec un équilibre atteint la 2e année. Deux à trois emplois pourraient aussi être créés par ville. La société est pour l’instant hébergée dans l’incubateur privé MV Cube. Associée (majoritaire à 70%) à son fils ingénieur de 23 ans, Thomas Auvray et Eric Gruau, Françoise Bazin a déjà investi plus de 150.000 € et prévoit de lever autant (50 K€ par boutique). elle participe à Start West ce 9 avril.