"Refonder la société française sur le travail" : voilà l’objectif du manifeste que vient de publier l’U2P, le syndicat des indépendants et des très petites entreprises. L’Union des Entreprises de Proximité part du constat d’une perte de la valeur du travail dans la société française et propose "un big-bang populaire en faveur du travail" pour y remédier.
Un travail qui paie de moins en moins
Le constat de l’U2P repose sur trois points : le travail ne permet plus d’augmenter son niveau de vie, le salaire net perçu par les travailleurs est de plus en plus faible par rapport à son montant brut, et enfin, les retraités ou personnes qui ne travaillent pas vivent mieux que celles qui travaillent. Ces affirmations s’appuient sur des données liées à l’évolution du pouvoir d’achat par décennie, à la part de rémunération perçue sur 100 euros depuis 1970 et à une étude sur l’héritage menée par le Conseil des Analyses économiques en 2021.
Augmenter les rémunérations des Français de 100 milliards d’euros
Une fois le constat esquissé, l’U2P propose dans son dossier de 19 pages, un certain nombre de solutions. La proposition centrale du syndicat patronal présidé par Michel Picon est de réaliser un "big-bang populaire en faveur du travail, de plus de 100 milliards d’euros". Le but : faire progresser le pouvoir d’achat de 2 % par an, pendant au moins 5 ans. Un taux comparable aux années 1980-2010, contre seulement 0,8 % aujourd’hui.
Pour y parvenir, le syndicat préconise de supprimer la CSG-CRDS sur tous les revenus d’activité, d’ici 5 ans. Le prélèvement s’appliquant à tous au même taux, sa suppression aurait un effet direct sur les 28 millions de travailleurs, argumente l’U2P.
Quatre leviers pour compenser la suppression de la CSG-CRDS
L’U2P, en appelant à augmenter le pouvoir d’achat des Français, n’entend pas rogner le modèle social du pays, pour autant. L’organisation patronale présente ainsi quatre paramètres sur lesquels agir pour compenser la suppression de cet impôt sur le travail. Le premier est d’augmenter les prélèvements sur la rente financière et immobilière, le second est de faire contribuer davantage les retraités les plus aisés, le troisième de réformer les droits de succession.
En particulier, l’U2P propose de rendre plus exigeant le processus de succession des entreprises mais aussi plus attractif, "en prévoyant une exonération de droits de succession sur les entreprises non pas de 75 % mais de 90 %, mais à condition de conserver l’outil de production non plus 2 ans mais 10 ans". La dernière proposition, elle, vise à réviser les taux de TVA.