Renault : Tavares et l'avenir de Sandouville
# Industrie # Investissement

Renault : Tavares et l'avenir de Sandouville

automobile. Pour permettre l'industrialisation du futur utilitaire de Renault, le Trafic, le groupe au losange investit 230M€ à Sandouville. Carlos Tavares, nouveau directeur général délégué aux opérations, est venu rassurer les équipes et parler d'avenir.

Carlos Tavares, nouveau directeur général délégué aux opérations de Renault, nommé en juillet dernier en remplacement de Patrick Pelata est venu le 7octobre dernier à Sandouville pour une visite de «performance». Un déplacement à double objectif pour le nouveau patron de Renault venu féliciter les équipes impliquées dans le travail de transformation du site pour la fabrication du futur Trafic et aussi, assurer l'ensemble du personnel de l'engagement de Renault pour l'avenir. «Nous disposons déjà de deux champions sur le segment des utilitaires: Maubeuge avec le Kangoo et Batilly avec le Master et nous en voulons un troisième, grâce au Trafic produit à Sandouville dès 2014. L'objectif est de renforcer notre leadership sur le segment des véhicules utilitaires en Europe».




Changements?

Alors que ces dernières années les relations entre la direction de la marque au losange et ses salariés ont, pour le moins, été tendues, le nouveau directeur général semble souhaiter se rapprocher des équipes: «Je suis venu à Sandouville pour voir le chantier et son avancement mais aussi féliciter les équipes et j'ai constaté que beaucoup de talents s'expriment pour faire des économies sur l'ensemble des coûts en conformité avec notre plan. Cela se ressent en terme d'engagement des équipes qui ont pris en charge les travaux de transformation». Carlos Tavares souhaite aussi: «Qu'une saine émulation s'établisse entre les trois sites de Renault dédiés aux utilitaires, afin d'assurer notre compétitivité». Une présence du directeur général pour confirmer les 230M€ d'investissements consentis par le groupe à Sandouville, ainsi que les objectifs de vente du futur Trafic autour de 100.000 véhicules par an. «Nous avons planifié les opérations pour faire en sorte d'atteindre ces volumes dans un marché qui ne s'effondre pas. Mais, pour cela, il ne faut pas que la situation économique de l'Europe se dégrade». Le patron de Renault explique, de plus, que le groupe «ne se privera pas d'exporter certaines versions», sur un modèle qui peut en compter jusqu'à 350. Carlos Tavares se dit également ouvert à d'autres partenariats que celui déjà engagé avec Opel pour produire la version haute du Vivaro et précise: «Des discussions sont en cours avec Nissan et nous sommes ouverts à d'autres opportunités». Et, pour ce qui est de l'emploi, le directeur général s'engage à ce que l'ensemble des salariés du site soit «pleinement utilisé et précise: «qu'un schéma de rééquilibrage a été mis en place dans les différentes usines du groupe en France pour s'ajuster aux besoins». Autre sujet d'actualité, la gestion du plan de départs volontaires suite à la réforme des retraites. Sur ce point aussi, Carlos Tavares veut marquer sa préoccupation: «Renault est solidaire de ses anciens salariés car ils ont donné beaucoup à l'entreprise. Nous allons respecter tous nos engagements et malgré les changements, nous traiterons au cas par cas les demandes des salariés concernés pour trouver des solutions. Des missions seront proposées afin

d'établir le pontage avec le trou qui s'est créé suite aux changements de conditions». Jusqu'à présent, seules 12 personnes se sont manifestées auprès de la direction du site, sur les 191 concernées.






L'avenir

Si, Carlos

Tavares insiste pour que Sandouville se concentre sur l'objectif du véhicule utilitaire, tout en poursuivant la production des Espace et Laguna, il n'écarte pas la possibilité d'un retour du haut de gamme pour la marque: «Renault à la force et l'envie d'être plus présent dans le secteur haut de gamme. Pour cela, nous pouvons notamment mieux tirer profit de notre partenariat avec Daimler. Le plan sportif ne sera pas oublié car nous sommes dans une phase exploratoire pour relancer la marque Alpine car j'ai trouvé dans les tuyaux des produits qui s'y prêteraient». Mais, pour l'heure, le directeur général ne s'engage pas quant aux futurs sites de production de ces modèles.







Sébastien Colle

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