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Région : Laurent Wauquiez se joue du code des marchés publics
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Région : Laurent Wauquiez se joue du code des marchés publics

Visitant le futur bâtiment de l’Ecole Centrale de Lyon qui abritera le TMM, laboratoire de recherche regroupant des bureaux et équipements de pointe dédié à la tribologie, science qui étudie la mécanique des matériaux, le président de la Région a livré sa méthode pour favoriser les entreprises locales du BTP dans les appels d’offre. Objectif : lutter contre le travail détaché et favoriser l'emploi local.

Au terme d’une visite de chantier d’un bâtiment de 3200m² dont le coût atteint 8.9M€ financé à hauteur de 3.579M€ par la région, Laurent Wauquiez a exposé sa méthode pour tenir ce qui fut une promesse de campagne : privilégie les entreprises régionales pour les chantiers du territoire. La région consacre en effet et en moyenne 900 M€ en subventions et 400 millions d’euros directs sur sa propre maîtrise d’ouvrage, soit 1.3Mds€ injectés dans le BTP chaque année. « Nous allons mettre en œuvre deux types de clauses qui permettront de favoriser systématiquement nos entreprises » a dit l’élu, entouré du député LR Patrice Verchère. « D’abord, à chaque fois que le code des marchés public nous en donne la possibilité c’est-à-dire sur des petits marchés de moins de 25k€, on choisira des entreprises locales, a-t-il promis. Sur des marchés qui vont au-delà de cette somme et pour lesquels les règles sont plus contraignantes, la région entend fixer comme conditions un nombre limité de sous-traitants pour éviter les chantiers détachés après trois rangs de sous-traitance ».

"On ruse et on l'assume"
Laurent Wauquiez instaurera des clauses favorisant les entreprises qui prennent des apprentis « ce qui, de fait favorise nos entreprises locales». Plus « toute une batterie de critères contrôlant la qualité et la réactivité des chantiers à postériori». Laurent Wauquiez entend fixer ces clauses pour les chantiers commandés en direct par la Région mais aussi sur ceux pour lesquels Auvergne-Rhône-Alpes participe partiellement. Exemple avec la Cité de la Gastronomie. « Si Lyon Métropole ne voulait pas de nos règles, on ne partirait pas sur le financement conjoint » a-t-il indiqué. Son objectif est d’inverser la vapeur : « dans le meilleur des cas, pour ce qui est des marchés dépendants de la Région, on atteignait jusqu’à maintenant péniblement une proportion d’un chantier sur deux conquis par une entreprise régionale. Notre objectif est d’atteindre 90% ». Outre les clauses proactives, le vice-président LR veut aussi actionner une politique de contrôle des chantiers : «le respect des normes de sécurité par exemple, qui passe par le fait de parler la langue française. Nous lancerons également des contrôles concernant le respect des règles du droit du travail » en faisant appel aux équipes régionales qui s'arrogeront ce rôle d'inspection. De même, Laurent Wauquiez demande à ses collaborateurs d’effectuer « des vérifications sur toutes les offres anormalement basses. On ne veut plus de salariés mercenaires sur les chantiers de la région ». Une façon de lutter contre « cette histoire de travailleurs détachés. On laisse faire tout et n’importe quoi. On estime à 300.000 le nombre d’ouvriers détachés qui travaillent sur les chantiers publics en France provoquant un affaiblissement de nos entreprises et détériorant l’image de l’Europe ».
Et d’indiquer que dans sa ville (Clermont-Ferrand, NDLR), « cela fait 7 ans que l'on pratique ce système et on n’a plus de travailleurs détachés. Maintenant ce que j’ai envie de dire au gouvernement c’est « chiche !, accompagnez une région comme la nôtre à mettre ces clauses de préférence locale. Là on ruse avec le code des marchés publics, on l’assume complètement et on va aller jusqu’au bout de toutes les marges de manœuvre qui nous sont données. Mais si la législation bouge, c’est mieux. »

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