Le projet de loi porté par la ministre du Travail Myrima El Khomri sera présenté le 9 mars prochain en conseil des ministres et sera porté devant l'Assemblée nationale au mois d’avril prochain. Divers observateurs assurent que le texte réforme profondément la philosophie du droit du travail en France. La loi plait aux patrons, que ce soit le Medef ou la CGPME.
«Plafonner les indemnités aux prud'hommes ou préciser les motifs du licenciement économique donnera davantage de visibilité aux employeurs sans pour autant pénaliser les salariés », déclarait hier la CGPME dans un communiqué. « La loi El Khomri plaît bien aux patrons mais provoque l’ire des syndicats », déclare ce vendredi 19 février sur Twitter Thibault Lanxade, vice-président du Medef.
Vues les oppositions tant syndicales que dans les rangs de son propre camp, le gouvernement n’a pas encore gagné la partie. Les réactions issues de la gauche sur Twitter ce matin laissent présager un accueil plutôt contrasté.
« La droite va finir par demander des droits d’auteur », ironise la députée socialiste du Nord Anne-Lise Dufour. Le Gouvernement aura t-il recours au 49-3 pour passer en force devant l’Assemblée nationale comme ce fut le cas pour la loi Macron ? La droite votera-t-elle le texte ? Certains appellent d’ores et déjà à l’approuver à l’image du fondateur de Nouveaux Horizons Frédéric Lefebvre qui invite tous les députés de l’opposition « à voter ce texte ».
D’autres comme Robert Menard, le maire de Béziers, salue le courage de la gauche « Macron » qui réalise ce que la droite « Sarkozy » n’a pas fait.
Mais quelques doutes émergent aussi sur le contenu du texte. La CGPME relève ainsi que l'augmentation de la durée maximale du temps de travail hebdomadaire, la modulation annuelle du temps de travail ou l'assouplissement des accords de maintien dans l'emploi passeront par des accords signés par des syndicats de salariés... absents de la quasi-totalité des PME.