Tout comme le Medef, la CPME vient d’émettre des propositions pour sauver un modèle social français qu’elle juge à bout de souffle. "Le déficit de la Sécurité sociale a atteint 18,2 milliards d’euros en 2024, tiré à plus de 80 % par les dépenses de l’assurance maladie. Et les projections pour 2025 sont encore plus alarmantes : 24 milliards d’euros si aucune réforme n’est engagée", rappelle le syndicat patronal.
Le rétablissement d’un équilibre économique passe, selon l’organisation présidée par Amir Reza-Tofighi, par un plan d’action articulé autour de trois priorités.
Limiter les arrêts maladie
Il s’agit d’abord de prendre des mesures pour limiter l’explosion des arrêts maladie, afin de freiner les dépenses. Pour ce faire, la CPME propose d’instaurer trois jours de carence, période durant laquelle le salarié ne reçoit pas de rémunération, ni d’indemnité, aussi bien pour les salariés du privé que ceux du secteur public.
Le syndicat patronal compte aussi traquer les fraudes. Il compte pour cela renforcer les contrôles des prescriptions pour les affections de longue durée et lutter contre les arrêts de travail injustifiés.
Responsabiliser les usagers
La CPME compte aussi responsabiliser les Français face à "l’illusion du tout gratuit". Elle prône ainsi le doublement des franchises médicales à la charge des usagers ("pour éviter les actes de confort") et réduire la liste des maladies ouvrant le droit au dispositif affection de longue durée.
Il s’agit de "rappeler que la vocation première de la Sécurité sociale n’est pas de financer sans limites les usages non justifiés, mais de venir en aide à ceux qui en ont besoin face à la maladie", indique la CPME.
Améliorer l’efficacité du système de santé
Enfin, le syndicat patronal entend améliorer l’efficacité du système de santé. Cela passe par le recours massif à la télémédecine, aux médicaments génériques ou à la médecine ambulatoire, sans nuit passée à l’hôpital.
Pour sauver le système social français, la CPME milite pour une réduction des dépenses. Et exclut tout nouveau financement de la part des entreprises. Les mesures proposées par la CPME "pourraient générer plusieurs milliards d’euros d’économies, sans sacrifier la qualité des soins", assure le syndicat patronal, convaincu que "le statu quo n’est plus une option". "Pour sauvegarder notre modèle social, il faut agir maintenant", insiste la CPME.