Quel régime choisir pour votre création en solo ?
# Création d'entreprise

Quel régime choisir pour votre création en solo ?

Avant de démarrer votre activité, il convient de choisir le statut juridique correspondant le mieux à vos besoins et vos perspectives. Comparatif entre quatre statuts adaptés aux solos.

Photo : bruce mars-CC0 Pexels

Le portage salarial

Le portage salarial permet de travailler en indépendant tout en bénéficiant d'une couverture salariée. Ce régime est plus particulièrement appliqué pour le secteur du conseil. Le principe est simple: en accord avec votre client, vous faites appel à une société de portage qui vous salarie durant vos missions et qui joue ainsi un rôle d'intermédiaire. « Le portage salarial peut être intéressant pour quelqu'un qui souhaite démarrer une activité. Ce régime lui permet de tester sans risque son marché et la concurrence », explique Laure Thiébault, juriste à l'APCE. En effet, hormis vos cotisations sociales, aucune charge supplémentaire ne pèse sur votre activité. C'est vous qui fixez avec votre client vos honoraires. Attention toutefois à bien choisir votre société de portage, toutes n'offrent pas les mêmes prestations.

L'entreprise individuelle

Jusqu'à l'apparition du statut d'auto-entrepreneur, c'était le régime le plus classique pour les indépendants. Le système est simple: pas de capital nécessaire pour la création et des formalités d'inscriptions faciles auprès de l'URSSAF. L'entreprise individuelle (EI) permet d'opter pour le régime fiscal de la micro-entreprise (impôt sur les revenus). Attention toutefois: plus votre chiffre d'affaires augmente, plus l'imposition est élevée. Si votre activité est en forte croissance, il est donc préférable de créer une SARL ou une EURL. L'EI implique par ailleurs une responsabilité personnelle importante pour le créateur. Toutefois, depuis la loi de modernisation de l'économie, ce dernier peut protéger l'ensemble de ses biens immobiliers. «Pour cela, le créateur, doit faire une déclaration d'insaisissabilité devant un notaire», note Laure Thiébault.

La SASU (société par actions simplifiées unipersonnelles)

Ce régime est encore très largement sous-utilisé en France. Ces sociétés peuvent n'avoir qu'un seul associé et sont considérées comme des SAS à part entière et leur capital de départ doit être d'au moins 37 000 €. La SAS étant une société à responsabilité limitée, l'associé unique de SASU n'est donc théoriquement responsable des dettes sociales qu'à hauteur de ses apports. « La SASU permet de faire entrer au capital des actionnaires. Ce régime peut donc être particulièrement adapté pour les créations d'entreprise à fort potentiel », détaille Laure Thiébault. Après l’officialisation de la constitution de sa société, effectuée notamment par la publication d’une annonce légale et la finalisation des démarches juridiques, le président de la SASU est assujetti au régime général de la sécurité sociale et peut donc bénéficier des régimes de retraite complémentaire mais ne bénéficie pas de l'assurance chômage.

L'auto-entrepreneuriat

Créé par la loi de modernisation de l'économie de 2008, l'auto-entrepreneuriat, n'est pas un statut mais un régime relevant de l'entreprise individuelle. Il a généré un fort engouement en raison de la simplification des démarches administratives puisque l'inscription au régime de l'auto-entrepreneuriat peut s'effectuer en ligne sur le site du ministère de l'Economie. Surtout, ce régime est particulièrement incitatif au niveau fiscal puisque vous ne payez des charges et des impôts que si vous générez du chiffre d'affaires. Les charges sociales sont par ailleurs allégées. Si les entrepreneurs individuels cotisent pour environ 40% de charges sur leurs honoraires, l'auto-entrepreneur ne paye que 23,5% (dont 2,2% d'impôt sur le revenu) pour des prestations de services, et 13% pour une activité d'achat vente. Pour une activité de conseil et de services le plafond maximal du chiffre d'affaires est fixé à 32 000 € annuels, 80 000 € pour une activité d'achat-vente. Ce régime suppose donc une activité relativement limitée, conçue notamment comme complément de revenus. Si vous dépassez les seuils, vous basculez dans le statut de l'entreprise individuelle.

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