Quand François Fillon draguait les patrons azuréens
# Politique économique

Quand François Fillon draguait les patrons azuréens

Fin octobre, le vainqueur du premier tour de la primaire de la droite François Fillon était à Nice, invité par douze chefs d'entreprise azuréens à échanger, entre la poire et le dessert, avec 200 de leurs pairs. Retour sur un déjeuner de campagne.

A quelques jours de la primaire de la droite, la campagne s'accélère, et les électeurs de PACA, les 27 et 28 octobre dernier, furent particulièrement convoités. Quatre des sept candidats y étaient présents, dont François Fillon, venu échanger entre midi et deux à Nice avec quelque 200 patrons azuréens. Et réaffirmer, entre la poire et le dessert, les éléments d'un programme censé permettre à « la France de retrouver une trajectoire, elle qui a tout pour être la première puissance européenne, et qui pourtant ne l'est pas ».

Le constat, c'est Pierre Danon, ex-PDG de Numéricâble aujourd'hui directeur de campagne adjoint, qui le dresse, en guise d'introduction. Un symbole des "ruptures fondamentales" qu'incarne le candidat Fillon, invité ce vendredi 28 octobre par Gilbert Stellardo et onze chefs d'entreprise azuréens tous acquis à sa cause.

Le discours de la méthode

Comme De Gaulle en 1958, Mitterrand en 1981, François Fillon veut « changer le visage du pays en quelques semaines ». Profiter de la dynamique du vote pour faire passer quatre réformes principales avant le 30 octobre par « un commando de 15 ministres choisis pour leurs compétences, leur autorité morale ». Et, bien sûr, les premiers textes concerneront le marché et code du travail : « Ne gardons que les normes sociales fondamentales, soit 200 pages maximum ». La fiscalité du capital, aussi, en permettant « aux Français de déduire jusqu'à 30% de l'impôt sur le revenu en investissant dans les TPE et PME ». Ou encore les mesures de réduction de la dépense publique « qui passent par la réduction de 500 000 emplois publics, nombre correspondant au passage de 35h à 39h ». Applaudissements de la salle. L'homme sait caresser le chef d'entreprise dans le sens du poil.

Auditoire séduit

Il faut dire que l'auditoire, s'il n'est pas béat, s'avère toutefois séduit par un homme que d'aucuns qualifient de "fidèle", d' "honnête". « Il me paraît être le plus proche des entreprises », confie un dirigeant azuréen dont l'entreprise est positionnée dans le secteur de l'éclairage public. Celui-ci souhaitait l'interroger sur « la façon dont il envisage de protéger de la mondialisation les entreprises à taille humaine, celles qui font l'économie de la France ». Entendez comment privilégier le savoir-faire français dans les commandes publiques ? Il n'a pas eu le temps. L'heure tourne. Les deux heures consacrées aux chefs d'entreprises azuréens, dont les questions ont porté sur le déficit, le code du travail, les professions libérales et le système de santé, sont écoulées.

Et c'est vers un autre auditoire que François Fillon part s'adresser - des lecteurs l'attendent dans une librairie niçoise -, avant de conclure son escapade azuréenne à Cannes par un meeting politique.

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