Si la "mobilité partagée" convainc sur des déplacements de plus de 75 km - le succès de BlaBlaCar en atteste -, quid des déplacements sur les courtes distances, ceux-là même qui congestionnent, matin et soir, les accès de Nice, Sophia Antipolis, Cannes ? « Beaucoup d'initiatives de covoiturage ont été prises ici et là par les collectivités, les associations professionnelles, les entreprises, mais rien de véritablement commun au territoire pour pousser l'essor de cette pratique », analyse Paul Maarek, directeur général d'Escota, pour qui « tout ce qui est de nature à favoriser le bon fonctionnement de l'autoroute, et en premier lieu à fluidifier le trafic, nous intéresse ». La société de Vinci Autoroutes gestionnaire de l'A8 a donc pris le leadership d'un dispositif à l'étude depuis un an qui lie la CCI Nice Côte d'Azur, sept clubs d'entreprises azuréens* et le site cannois de Thales Alenia Space pour promouvoir la solution de covoiturage auprès de leurs membres et salariés. Soit, potentiellement, plusieurs dizaines de milliers de personnes.
"Plus facile de faire Paris-Nice que Cannes-Nice"
« Sophia Antipolis est passé de 20 000 à 35 000 employés en quinze ans sans que les infrastructures évoluent en conséquence. Faciliter l'accès à la technopole, notamment en heures de pointe, est donc un de nos grands combats », explique Laurent Londeix, président du Sophia Club Entreprises, signataire de la convention portée sur les fonds baptismaux le 14 novembre dernier. Même démarche pour le géant des satellites cannois Thales Alenia Space, dont le directeur Pierre Lipsky évoque un engorgement du trafic qui peut aller "jusqu'à impacter l'activité". « Il est parfois plus facile pour nos clients et partenaires de faire Paris-Nice que pour nos salariés de faire Nice-Cannes ». L'entreprise et les associations professionnelles disposent désormais d'un kit de communication fourni par Vinci Autoroutes pour accompagner la mise en œuvre du programme dont le cœur tient en l'application développée par son partenaire, la start-up azuréenne Wever, par ailleurs accélérée par Escota.
La start-up Wever à la manœuvre
L'application de covoiturage urbain développée par Wever met donc en relation, de manière simple, communautaire et gratuite, des conducteurs et passagers pour leurs déplacements du quotidien, qu'ils soient planifiés ou de dernière minute, avec la mise en place de points de rencontre virtuels le long du trajet. Et pour trouver facilement ses futurs compagnons de route, un logo identifie les entreprises et clubs signataires. Enfin, un système de récompenses délivrées par des partenaires commerciaux vient encourager la pratique. « Il s'agit d'un programme expérimental qui sera amené à être dupliqué sur d'autres territoires, toujours en collaboration avec Vinci », avance Thomas Côte, fondateur de Wever. Fondée en juillet 2015, la jeune pousse revendique plus de 5 000 utilisateurs niçois, près de 10 000 en France. D'ores et déjà rentable, elle finalise actuellement une levée de fonds de 600 000 euros pour accélérer le déploiement de sa solution en PACA.
* Les clubs d'entreprises signataires : Sophia Club Entreprises, Club des Entreprises de Villeneuve-Loubet, Club des Entreprises de Carros-Le-Broc, Club des Entreprises de Saint-Jeannet/Gattières/La Gaude, Club des Entreprises du Pays de Grasse, Club des Entreprises du Bois de Grasse, Club des Entreprises du Parc d'Activités de Saint-Laurent-du-Var.