Le projet industriel Rennes 2010
Pour le nouveau patron de La Janais, l'usine PSA de Rennes repose depuis sa création sur trois atouts majeurs: son capital humain, sa culture qualité et son atout économique. Un dernier atout duquel l'usine «s'est un peu écarté» depuis quelques années, confie Jean-Marie Dailland. D'où la mise en place du plan de refonte industrielle Rennes 2010. Moyennant 50M€, il vise à alléger «le poids des infrastructures» et l'objectif est clair: arriver à «un outil industriel beaucoup plus compact». «Ma mission essentielle est de conduire ce plan», explique Jean-Marie Dailland. Un plan qui va entrer dans sa phase opérationnelle fin avril/début mai
Réorganisation des lignes de production
L'objectif de Rennes 2010: passer de trois à deux lignes de montage. Le printemps 2009 signera donc le renouveau de l'usine de la Janais. Fin avril, le montage de C6 et du coupé 407 s'arrêtera pour reprendre dès la mi-juin sur une nouvelle ligne petite cadence qui intégrera en plus la 607, actuellement fabriquée à Sochaux et «dont la montée en puissance» est prévue pour début juillet, annonce Jean-Marie Dailland. Parallèlement, le groupe va désinvestir la ligne 407. Un véhicule qui rejoindra C5 (deux silhouettes) sur une seule et même ligne grande cadence. Une ligne dont la production, au final, passera de 32 véhicules/heure aujourd'hui à... 46! Rennes 2010 est «un projet qui doit être opérationnel à la rentrée de septembre», prévient le directeur.
Social: 700 personnes prêtées début mars
Le plan de 1.750 suppressions de postes (50% mobilité/50% départs volontaires) est toujours en cours. Aujourd'hui, 505 salariés ont accepté les propositions de mobilité: 200 à Aulnay, 50 à Poissy et le reste dans les autres entités du groupe (centre d'essai dans l'Eure...) «Début mars, entre 650 et 700 personnes seront prêtées dans le groupe PSA», annonce Jean-Marie Dailland. Des mutations qui ont un coût. PSA Peugeot Citroën prend en effet en charge les liaisons en car depuis la Bretagne, les nuits d'hôtels à proximité des sites de production et les liaisons en bus hôtels/usine. «Si on maintenait ce dispositif sur toute l'année 2009, c'est plus de 6M€ uniquement dans les transports et l'hébergement», indique le directeur. La mobilité ne durera toutefois pas une année. Les salariés ayant accepté signent en effet des contrats de trois mois renouvelables une fois. Ensuite, l'objectif de PSA - et le groupe ne s'en cache pas - est de transformer ces prêts main-d'oeuvre en mutation définitive. Côté plan de départs volontaires, 402 personnes ont accepté à ce jour les conditions proposées par le groupe pour mener à bien d'autres projets à l'extérieur. Pour les y aider, PSA a par exemple fait venir à La Janais des représentants de la SNCF avec des propositions de postes.
Situation personnelle et pérennité du site
Si ses prédécesseurs sont restés quelques mois à chaque fois ("Le Journal des Entreprises" de février), Jean-Marie Dailland prévient: «Je viens là pour m'inscrire dans la durée. Et si on m'a choisi pour reprendre Rennes, ce n'est pas un hasard non plus». Ce dernier a en effet commencé sa carrière à La Janais et fut directeur de différentes unités pendant sept ans (1995-2002). Quant à la pérennité du site: «un investissement de 50M€, c'est un signe fort que le groupe PSA a envoyé à la Bretagne», rappelle le nouveau directeur.
Jean-Marie Dailland est aux commandes de l'usine PSA de Rennes depuis un mois. Le directeur va concrétiser Rennes 2010. Plan qui transformera en profondeur, à partir de fin avril, le site de La Janais. C'est une nouvelle page qui s'ouvre pour le site industriel breton, dans un contexte ô combien difficile.