Fuir la dépendance des centrales d'achat, vendre ses produits en conservant la totalité de la marge, maîtriser ses prix... La vente de produits agricoles en circuit court séduit de plus en plus de maraîchers, agriculteurs et viticulteurs. À l'image de l'initiative prise par les producteurs laitiers dans l'Ain, les professionnels s'organisent pour se prendre en charge et préserver leur liberté d'entrepreneur. C'est pourquoi la Chambre d'agriculture du Rhône initie ce premier salon national du circuit-court. Une chance selon Frédéric Riche, maraîcher à Lucenay qui exploite 50 hectares. L'homme vend 25 % de sa production en circuit de proximité et 50 % en grandes et moyennes surfaces. Pour lui « la vente en circuit court permet de saisir les attentes des clients et d'orienter différemment nos cultures ». A ses côtés, ce viticulteur des coteaux du Lyonnais, Frédéric Bernard pratique la vente exclusivement en direct, avec un petit pourcentage de ventes l'export. « Le problème des circuits courts, nuance celui-ci, est que non seulement il faut produire mais ensuite il faut vendre. Alors les journées s'allongent, les week-ends raccourcissent, les vacances disparaissent... ». Le danger selon lui : « se mettre au service d'un prix en endossant des jobs qui ne sont pas les nôtres comme logisticien ou distributeur ».
Créer de la valeur
C'est pour toutes ces raisons, et surtout pour donner aux professionnels de la terre l'occasion de se rencontrer, d'échanger, de se professionnaliser que Gérard Bazin, président de la Chambre d'agriculture depuis février 2016 a eu l'idée d'organiser ce premier salon dédié à la vente en circuit court. L'objectif est bien de « créer de la valeur sans casser les filières intermédiaires ». Cet éleveur bovin en production laitière estime que « notre rôle est d'aider les agriculteurs à devenir des entrepreneurs ». Un salon national pour organiser la filière est un premier pas.