Plus 2,1 degrés centigrades d’ici 2050 : ce n’est pas une énième prédiction vague, c’est une vraie projection régionale du GIEC pour la Bretagne. Ce chiffre peut paraître abstrait. Et pourtant, il marque un point de bascule bien réel car derrière cette prévision moyenne se cachent des extrêmes aux conséquences concrètes dont nous sommes les témoins : inondations éclair, sécheresses prolongées, vagues submersives, tempêtes plus intenses, montée des eaux…
Autant de signaux d’alerte qui redessinent nos territoires, désorganisent les chaînes d’approvisionnement, et fragilisent clairement les outils de production. Pour les entreprises, c’est l’enjeu d’une continuité d’activité qui est en jeu.
L’assurabilité n’est pas un dû
En France, le coût des sinistres climatiques a doublé en 20 ans. Selon France Assureurs, il atteindra 143 milliards d’euros entre 2020 et 2050 si rien ne change, soit près de 5 milliards par an. Or, l’assurabilité n’est pas un dû. Elle repose sur une équation mouvante faite de l’exposition au risque, de la capacité de mutualisation et de la rentabilité du modèle. Certaines zones deviennent peu à peu inassurables comme la Californie qui a déjà vu plusieurs assureurs se retirer de régions exposées aux feux de forêts. En France, des compagnies revoient leur couverture dans les zones inondables ou littorales, et le rôle de l’assureur évolue profondément, analyse Bertrand Labilloy, Directeur Général d'Arundo Re qui note en substance que l'assureur passe d’un métier de réparation à un rôle de copilote dans la gestion du risque.
L’inaction peut conduire à l’exclusion
Ce tournant impose également un changement de posture des entreprises qui doivent, désormais, démontrer leur résilience. Cela passe par des diagnostics de vulnérabilité, des simulations d’impact, et la mise en œuvre de plans d’adaptation. La prévention devient plus que jamais la clé, ce qui préfigure une nouvelle forme de gouvernance du risque, plus territorialisée, plus systémique. Dans le même temps elle est un avantage compétitif. Une entreprise capable d’anticiper, de se préparer, a plus de chances d’être bien couverte, voire de négocier des primes plus favorables, quant à l’inverse, l’inaction peut conduire à l’exclusion.
Et demain ? Dans un monde où les risques systémiques vont se multiplier, le coût de la non-prévention risque d’être exponentiel. Il ne s’agira plus seulement pour l’entreprise de protéger ses actifs, mais de garantir sa continuité. Une assurance bien pensée sera alors un outil stratégique, un levier de transformation durable, et un pilier central de sa gouvernance.