Le marché global de la seconde main a généré 105 milliards d’euros dans le monde. Et ce chiffre devrait doubler dans les cinq prochaines années, selon une étude réalisée par ThredUp. La vente de vêtements d’occasion, qui représente à elle seule 33 milliards d’euros, devrait ainsi atteindre 67 milliards d’euros d’ici 2025 selon Bpifrance le Hub, soit une croissance 11 fois plus rapide que le marché global de la vente de vêtements. Pour autant, il serait réducteur de limiter le réemploi au seul secteur textile. Le marché de la seconde main gagne progressivement de nombreuses filières : téléphones et ordinateurs, électroménager, meubles, dispositifs médicaux, construction…
64 % des Français ont acheté un produit d'occasion
Comment expliquer l’accélération de ce marché ? Les acheteurs plébiscitent, tout d’abord, un mode de consommation plus responsable, qui fait du bien à la planète, mais aussi à leur portefeuille dans un contexte marqué par l’inflation. Ainsi, selon Bpifrance, 64 % des Français ont acheté un produit d’occasion au cours des 12 derniers mois et 52 % de ceux qui ne l’ont pas fait envisagent de le faire.
À la prise de conscience de l’impact environnemental de la surconsommation et de la nécessité de réduire les déchets, s’ajoutent les contraintes réglementaires portées, notamment, par la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire de 2020, dite loi Agec. "L’article 58 de la loi Agec fait obligation à l’État, aux collectivités territoriales et à leurs groupements d’acheter chaque année au moins 20 % de produits issus du réemploi sur 17 familles de produits et cette liste sera élargie à compter de janvier 2025. Cela crée un appel d’air. Par ailleurs, les metteurs en marché ont constaté que le réemploi permettait de fidéliser une clientèle en contrôlant la revente de leurs propres produits dans le circuit de l’occasion", analyse Jean-Michel Buf, président du Conseil national de l’économie circulaire (CNEC).
Un marché d'avenir
Tous ces facteurs militent pour faire de la seconde main une tendance durable de la consommation. Reste pour les entreprises à trouver les modèles économiques sur ce nouveau marché et à lever certains freins. Ceux-ci peuvent provenir de problèmes d’assurabilité pour des constructions à partir de matériaux de réemploi, de garantie pour des appareils reconditionnés… Certains acteurs du marché pointent également le risque de conflit entre acteurs issus de l’ESS (économie sociale et solidaire) et entreprises autour des gisements de ressources. "La question aujourd’hui n’est plus le pourquoi mais le comment du réemploi. C’est un marché d’avenir qui a vocation à créer de la valeur ajoutée, des emplois et des filières innovantes. Pour identifier les acteurs et mieux définir les règles du jeu, nous proposons de créer un schéma directeur du réemploi", expose le président du CNEC.