Fin juin, la Préfecture a engagé la révision du Plan de prévention des risques (PPRT) de Jarrie qui, à terme, ne concernera plus que six communes dans un rayon de 800 mètres, au lieu de quatorze dans un rayon de 4,1km. Cela résulte notamment de la signature de la convention financière signée entre l'État et Arkema pour 40M€; la rénovation de l'outil industriel de la société totalisant 100M€. La construction d'une nouvelle unité de production d'hydrogène est d'ores et déjà engagée. Ce PPRT fait partie de la trentaine engagée dans le département. Jean-Pierre Foray, chef de l'unité territoriale Isère de la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (Dreal) Rhône-Alpes, observe que les «PPRT assurent une meilleure sécurité de la population tout en permettant aux entreprises en Seveso seuil haut de se développer et aux collectivités d'élaborer leurs projets d'urbanisation».
Soutien de 40% aux dépenses des industriels
Concrètement, les industriels mènent une étude de dangers qui est examinée par la Dreal et un expert tiers. À partir de là, le préfet prescrit l'élaboration du PPRT par un arrêté qui détermine le périmètre avec une carte des aléas, la nature des risques et les personnes et organismes concernés (industriels, élus, associations de riverains, Dreal et DDE,etc.). Des mesures de réduction du risque sont fixées et le plan est soumis à enquête publique, puis à l'approbation du préfet, laquelle doit intervenir dans les dix-huit mois suivant l'arrêté prescrivant son élaboration. «Le PPRT de Jarrie est un exemple qui va vite et se passe bien», estime Jean-Pierre Foray. Il a notamment avancé après l'accord de Bruxelles pour que l'État et les collectivités apportent un soutien financier jusqu'à 40% des dépenses engagées par les industriels. La charge financière des travaux est en effet laissée aux entreprises, qui évoluent généralement dans un contexte de concurrence mondiale. «Certains investissements pour réduire les risques à la source sont très lourds, confirme Patrick Pouchot, responsable communication de Perstorp. Dans notre cas, tout est encore au conditionnel, mais l'État devrait apporter 25% de la somme nécessaire aux travaux; les collectivités locales, dont la Métro, ont donné leur accord de principe, amenant la contribution à 40%.» Un certain nombre de PPRT isérois devrait aboutir d'ici à la fin de l'année ou courant 2012, même si chacun recèle ses particularités. Par exemple, à Chasse-sur-Rhône, le plan implique deux départements. À Voreppe, le Plan de prévention des risques d'inondation doit être résolu avant le PPRT. D'autres situations sont plus complexes.
Éviter une catastrophe
Ainsi, à Vif, l'entreprise Kinsite, un dépôt d'explosif civil, doit déménager avant l'ouverture en mars prochain de la nouvelle voie de contournement de la commune. Mais voilà près de cinq ans que Kinsite recherche un site pour l'accueillir, en vain. Le responsable local de cette filiale d'EPC France, M.Revil-Signorat, admet que «le PPRT est difficile à établir. Cela fait 50ans que nous travaillons sans risque, mais il n'y a aucun moyen de nous établir ailleurs. On a fait tout ce qu'il fallait pour... Les dossiers sont maintenant en préfecture.» Jean-Pierre Foray relève que seuls 50 PPRT sur 500 ont été approuvés à travers toute la France. «Nous apprenons en marchant. Mais l'objectif premier de la loi de 2003 instaurant ces PPRT est bien d'éviter une nouvelle catastrophe toulousaine.»
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Avec une trentaine d'établissements classés en Seveso seuil haut, le département de l'Isère est particulièrement concerné par la mise en place de Plans de prévention des risques technologiques. Point sur l'avancement des différents plans en cours.