D'un côté, l'Union pour l'Entreprise des Alpes-Maritimes, regroupant les Medef et CPME locaux, compte 8.500 entreprises adhérentes employant 115.000 salariés, soit près du tiers des emplois privés du département. De l'autre, l'Union Professionnelle Artisanale, qui deviendra en septembre prochain, avec l'intégration de la branche profession libérale (UNAPL06), l'Union des entreprises de proximité (U2P) des Alpes-Maritimes, chapeaute elle 250 métiers dans le bâtiment, l'alimentation, les services et l'industrie. Toutes deux représentent, défendent et promeuvent les entreprises du territoire, chacune sur un terrain bien délimité, relevant de la CCI Nice Côte d'Azur pour la première, de la CMA 06 pour la seconde. Mais ça c'était avant...
Parler d'une même voix
Depuis le 3 juillet, et le partenariat de rapprochement signé par les deux organisations patronales azuréennes, les frontières vont en effet progressivement s'ouvrir. « Cette convention s'inscrit dans une volonté de représenter toutes les entreprises des Alpes-Maritimes, une force économique de plus de 100.000 entités pour lesquelles nous souhaitons parler d'une même voix afin de mieux peser auprès des politiques et des institutionnels et ainsi faire basculer certains tabous », explique Armand Lombard, président de l'UPA06. Car que l'on relève de l'une ou de l'autre, le combat reste le même : simplification des normes, flexibilité, compte pénibilité, fiscalité du travail... « Ces sujets nous réunissent et ont déjà donné lieu à des opérations conjointes comme en 2014 avec l'opération Libérons l'Entreprise », ajoute-t-il.
Anticiper des réformes futures
L'initiative d'aujourd'hui, inédite en France, vise donc à aller plus loin. Adhésion possiblement réciproque, prises de positions et actions communes, constitution de groupes projets pour travailler à l'élaboration d'une vision partagée comme sur la question de la gestion des mandats, le cadre est fixé, les rencontres associant les deux directions et bureaux convenues. De quoi faire de ce rapprochement le premier acte d'une fusion future ? « Disons que nous en sommes à l'étape du concubinage, répond Philippe Renaudi, président de l'UPE06. Nous devons d'abord apprendre à vivre en commun. Mais oui, le mariage des deux entités demain n'est pas exclu ». Car pour le patron des patrons azuréens, il s'agit aussi d'anticiper de potentiels changements futurs. « Je ne serai pas étonné que dans les cinq ans une nouvelle réforme visant à regrouper les chambres consulaires d'un même territoire soit lancée. Dans ce cas-là, nous serons prêts ».