« Je représente la 3e génération à la tête du groupe Vanderschooten, qui a été créé en 1947 par mon grand-père. Nous étions au départ positionnés sur le tissage et la confection de linge de maison. Dans les années 2000, nous avons vu arriver de manière massive sur notre marché des produits d'origines pakistanaises, avec des prix très bas et il a fallu repenser l'entreprise.
Du tissage à la confection
Comme nous ne pouvions pas rivaliser avec ces produits et que je ne voulais pas, comme certains de mes concurrents, être racheté par des Pakistanais ou délocaliser, nous avons changé de positionnement. Nous sommes passés de tisseur de textile à confectionneur de linge de table et de maison. Nous achetons à présent le tissu en France et partout dans le monde et nous fabriquons du linge de lit et de table. Nous avons dû fermer nos trois tissages à Armentières, Cholay et en Afrique équatoriale. Nous avons installé le groupe sur un nouveau site, à Nieppe, qui compte aujourd'hui 200 salariés, dont 50 ouvriers. Le reste, ce sont des fonctions support comme la logistique, le commercial... À l'arrêt du tissage en 2006, nous avons muté notre personnel dans notre usine de Nieppe, vers des métiers de logistique. Nous ne produisons pas tout en France, sinon on serait mort depuis longtemps mais tout ce qu'on peut fabriquer en France, nous le faisons et nous essayons de le valoriser.
Notre atelier est organisé en deux parties : une partie dédiée au haut de gamme et à la petite série, avec une production artisanale et une partie industrialisée, dédiée au moyen de gamme avec des séries comportant quelques milliers de pièces.
Le groupe se développe
La concurrence pakistanaise reste toujours vive aujourd'hui. Le salaire d'un ouvrier au Pakistan est de 50 à 80 dollars par mois et il n'existe plus de taxes douanières. Il y avait encore 10 % de taxe il y a deux ans mais l'Europe l'a supprimée depuis. Malgré tout, le groupe VDS se développe. Nous avons choisi de nous tourner vers le haut de gamme et l'export, profitant de la bonne image du savoir-faire français à l'étranger. Je préfère rester discret sur nos chiffres : c'est notre culture, notamment parce que nous travaillons avec la grande distribution qui négocie les prix de manière agressive. Il y a deux ans, nous vendions nos produits vers 40 pays à l'export et en 2015, nous en comptons 60. L'export concerne actuellement 50 % de notre production haut de gamme.
Les canaux de distribution
En France, nos clients sont les grands comptes de la VAD et les grandes chaînes d'hypermarchés qui souhaitent mettre en avant une production française. Nous travaillons également avec tout un réseau de détaillants de grands magasins dans le monde : Les Galeries Lafayette, Le Printemps, Harrods, etc. Nous vendons enfin en direct au consommateur via trois sites marchands : celui de notre marque de luxe Alexandre Turpault, celui de notre marque Essix et sur un site en partenariat avec Nina Ricci Maison. Aujourd'hui le groupe VDS est rentable mais nous avons encore beaucoup de choses à prouver. Par exemple, nous avons encore des parts de marché à conquérir sur les draps des hôtels de luxe : bien souvent, ils sont équipés de draps de base. Nous pensons aussi que nous sommes à l'aube d'une prise de conscience des consommateurs sur les conditions de production. Le made in France a un avenir : c'est possible de vendre des produits un peu plus chers et durables. Nous pourrions en vendre plus via la grande distribution si elle acceptait de resserrer un peu ses marges. »
Groupe VDS
(Nieppe) Dirigeant : Bernard Vanderschooten 200 salariés
www.vanderschooten.com