Chez SFI multimédia (21 salariés ; 15 M€ de CA en 2024), ce sont les salariés qui ont fait entrer l’intelligence artificielle dans l’entreprise. "70 % de nos collaborateurs sont des informaticiens. Ils s’intéressent à l’IA depuis pas mal d’années et sont constamment à l’affût de ce qui sort sur le marché. Quand les premiers outils sont arrivés — je pense à Chat GPT — ils ont commencé à faire des expériences notamment pour générer du code. Et c’est là-dessus que l’on a le plus avancé", relate Catherine Bocquet, la dirigeante de l’agence web stéphanoise.
Depuis, SFI Multimédia a généralisé et structuré les pratiques à l’origine un peu "sauvages" des salariés. "La direction technique a harmonisé l’utilisation de certains outils et les pratiques. L’IA est utilisée pour générer du code. C’est un vrai gain de rapidité mais aussi de qualité. Ce gain nous permet parfois de faire des POC (Proof Of Concept, NDLR) que l’on n’aurait pas eu le temps de faire auparavant", détaille la dirigeante.
Tous les services s’y sont mis
Chez SFI Multimédia, l’IA ne se limite pas qu’à la programmation informatique. "L’IA a infusé dans tous les services. Les chefs de projets se sont mis à utiliser des outils de maquettage et prototypage pour les applications que l’on développe pour nos clients. Il suffit de demander à l’IA ce que l’on veut en rédigeant un prompt précis et cela nous sort des écrans de maquettes qui sont vraiment top. Une fois terminé, on demande à l’IA de nous proposer des maquettes carrément différentes de ce que l’on souhaitait à l’origine. Et on arrive parfois à des choses vraiment bluffantes en termes d’ergonomie et de créativité. Des choses dans lesquelles on va parfois aller piquer quelques idées", développe Catherine Bocquet.
"L’IA fait désormais le travail d’un assistant commercial"
Pour le service commercial, l’IA a également été une vraie révolution. "Nous avons mis en place des outils qui permettent de mettre en forme des propositions d'offres commerciales mais aussi qui nous font gagner un temps fou sur la prospection commerciale. L’IA fait désormais le travail d’un assistant commercial. Nous avons aussi beaucoup misé sur des outils d’automatisation des process. Outils dans lesquels nous avons injecté quelques briques d’IA. Résultat ce qui prenait parfois plusieurs jours, on le fait désormais en quelques heures", se réjouit Catherine Bocquet.
Des gains variables mais une profonde mutation
Code, maquette et prototypage, génération de texte, de comptes rendus de réunions, de fiches produits pour les sites e-commerce de ses clients, référencement naturel, traduction… l’IA intervient désormais à tous les étages de la fusée SFI Multimédia.
"Il y a certaines tâches où l’IA va nous faire gagner un peu de temps. Et d’autres que l’on va pouvoir confier intégralement à l’IA"
Quant à la question des gains, c’est assez variable. "Il y a certaines tâches où l’IA va nous faire gagner un peu de temps et d’autres tâches que l’on va pouvoir confier intégralement à l’IA. Et là, on peut aller sur des gains d’un facteur 10 voire 20", confie la dirigeante de SFI Multimédia.
Et d’ajouter : "Ce qui est certain c’est que c’est que l’IA est en train de changer l’entreprise. Elle entraîne une profonde mutation des postes. L’IA ne nous a pas fait gagner du chiffre d’affaires mais elle a considérablement amélioré notre rentabilité. Il y a quelques années, nous comptions une trentaine de collaborateurs pour un chiffre d’affaires équivalent à aujourd’hui. En 2022, 2023 et 2024, certains ont quitté l’entreprise. Grâce à l’IA, nous n’avons pas eu à les remplacer et nous avons gagné en productivité".