« Pour bénéficier d'un avantage concurrentiel grâce à un travail en mode réseau »
# Industrie # Investissement

« Pour bénéficier d'un avantage concurrentiel grâce à un travail en mode réseau »

ALLIANCE Thibaut Delétré, dirigeant de la société de mécanique Nord Engrenages, est convaincu de l'efficacité du travail en réseau, qu'il s'agisse de confrères ou de partenaires. Il travaille ainsi de concert avec le groupe Bodycote, qui est situé comme lui à Douvrin.

« Bodycote est une grosse boîte, contrairement à nous, avec nos 21 salariés, nos 80 machines et notre chiffre d'affaires d'1,74 M€. Nous n'avons pas la même culture mais nous entretenons de bons rapports depuis longtemps. Il y a plusieurs années, nous étions situés à Tourcoing et Bodycote, qui avait alors un autre nom, était situé à Lille. Nous étions leurs clients pour la partie traitement des engrenages que nous réalisons. Au début des années 90, Bodycote a déménagé sur le Parc des industries Artois Flandres, à Douvrin, où il possède aujourd'hui deux divisions : traitement thermique et induction. Nous les avons suivis en 1994. Le but était d'éviter des transports trop importants.




Une alliance entre une PME et un groupe

Après ce déménagement, notre société a conservé beaucoup de clients à Lille, Roubaix et Tourcoing. Je leur ai alors proposé de prendre le transport à ma charge entre Nord Engrenages, qui taille l'engrenage sur leur pièce, et Bodycot, qui réalise le traitement thermique de cet engrenage. Quand nous faisons un engrenage, il doit ensuite être traité thermiquement mais ce traitement peut modifier la pièce qui doit alors revenir chez nous pour être réajusté.






Un échange gagnant-gagnant

Grâce à cet arrangement avec un groupe à proximité de chez nous, nos clients gagnent en coûts de transport, mais aussi en temps puisque nous leur évitons des allers-retours entre un tailleur d'engrenages et une société de traitement. Pour Nord Engrenages, cela représente un avantage concurrentiel certain. Nous bénéficions par ailleurs d'un effet de bouche-à?oreille auprès des clients qui se disent que Nord Engrenages peut gérer à la fois l'engrenage et la partie traitement pour leur compte. Bodycote y gagne de son côté une publicité indirecte et les clients que nous lui amenons. Lui-même nous envoie parfois certains clients dès qu'il y a un problème d'engrenages. Il s'agit d'un échange de bons procédés, sans pression. Cet échange avec Bodycote, je l'ai fait à la base car j'y avais un intérêt et que je pensais que les clients de Nord Engrenages pouvaient en bénéficier.






Un travail en réseau

Je ne fréquente pas les réseaux par manque de temps mais je les revois à ma façon. Aujourd'hui le travail de Nord Engrenages s'inscrit dans une démarche de réseaux. J'ai certaines affinités avec des fournisseurs d'acier comme IMS France à Douai. J'avais dernièrement un client qui ne savait pas où aller car il lui fallait un acier un peu spécial et on l'a envoyé vers eux. Ce sont des choses qui se font de manière naturelle. Nous avons ce réflexe de renvoyer vers les personnes que l'on connaît. Je travaille aussi avec des confrères tailleurs d'engrenages. Nous nous prêtons des outillages les uns les autres. Dans notre profession, la concurrence est assez saine pour se le permettre : il faut beaucoup de matériel dans ce métier et on ne peut pas tout avoir. 15 % de nos clients se trouvent en Belgique et 85 % en France, dont 70 % dans le grand Nord. Les 15 % restants se situent un peu partout en France : il s'agit de clients ponctuels, qui viennent pour une demande spécifique et souvent, ce sont nos confrères qui les envoient.




200.000 euros investis dans une nouvelle machine

De manière générale, nous souffrons moins de la crise que d'autres sur ce métier car nous sommes spécialisés sur des petites séries, avec 200 pièces maximum et de la pièce unique, par exemple la reproduction d'une pièce cassée. Nous faisons les moutons à cinq pattes que nos confrères ne veulent pas faire. Cette diversification nous permet d'être moins sensibles à la crise. 2014 a été une bonne année. Nous sommes sur une montée en puissance et prévoyons cette année une croissance de 10 %, avec une rentabilité qui suit le chiffre d'affaires. Nous venons aussi d'investir 200.000 € dans une machine, une mortaiseuse à commande numérique qui arrivera en juin ou juillet. Elle permettra de répondre à des besoins de niche. Ces derniers temps, les sociétés qui savent faire du mortaisage ont disparu et nous pensons qu'il y a un créneau à prendre. »



Nord Engrenages



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Douvrin) Dirigeant : Thibaut Delétré CA 2014 : 1,74 M€ 21 salariés www.nord-engrenages.com

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