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Porté par la consigne, Uzaje investit 3,5 millions d’euros à Strasbourg dans son site de lavage de contenants
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Porté par la consigne, Uzaje investit 3,5 millions d’euros à Strasbourg dans son site de lavage de contenants

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Après Avignon et Neuilly-sur-Marne, Uzaje va ouvrir en septembre sa troisième usine de lavage de contenants à Strasbourg. Depuis la capitale alsacienne, l’industriel espère rayonner sur le Grand Est, mais aussi en Allemagne, en Suisse et au Luxembourg où la culture de la consigne bénéficie d’une longueur d’avance.

Vivien Gourdon, responsable commercial (à gauche) et Emmanuel Auberger, le fondateur d’Uzaje — Photo : Pascale Schaeffer

Dans ses nouveaux locaux implantés au Port du Rhin à Strasbourg, des entrepôts logistiques qui s’étendent sur 4 000 m2, Uzaje (35 collaborateurs) prépare son démarrage pour la rentrée. Une première ligne de lavage a été réceptionnée. Ne reste plus qu’à la monter pour être prêt pour septembre. Siégeant à Neuilly-sur-Marne (Seine-Saint-Denis), Uzaje, qui a levé à l’automne 11 millions d’euros pour accélérer son développement, est en train d’injecter 3,5 millions d’euros dans son site strasbourgeois. Depuis la capitale alsacienne, l’industriel entend opérer en Allemagne, en Suisse et au Luxembourg. Quinze collaborateurs vont être recrutés pour la phase d’amorçage, la montée en puissance devrait porter les effectifs à une trentaine de salariés d’ici 2027.

"Une bouteille lavée et réemployée, c’est 10 à 30 % moins cher que l’usage unique mais c’est aussi 30 % d’eau utilisée en moins"

De premiers contenants ont déjà été collectés : des bouteilles livrées par la microbrasserie strasbourgeoise Bendorf, des bouteilles de crémant cédées par des coopératives bien connues en Alsace, la cave de Turckheim et Arthur Metz lesquelles, une fois lavées, pourront être revendues à un cidrier (la législation interdit le réemploi dans la filière des vins effervescents). Les bacs comportent également des bouteilles de vins d’Alsace au col effilé… "Une bouteille lavée et réemployée, c’est 10 à 30 % moins cher que l’usage unique mais c’est aussi 30 % d’eau utilisée en moins qu’il n’en faut pour fabriquer une bouteille neuve", précise Emmanuel Auberger, le fondateur et président d’Uzaje qui précise : "Le site strasbourgeois sera alimenté à l’énergie verte".

La consigne en avance en Alsace

L’entreprise soigne notamment ses relations avec les principaux embouteilleurs alsaciens, brasseurs, producteurs de jus de fruits et minéraliers pour leur proposer une solution de réemploi.

Le particularisme régional n’est pas pour rien dans le choix d’Uzaje de s’implanter en Alsace : "Le marché de la consigne est particulièrement développé en Alsace et attractif pour nous. À titre d’indicateur, 200 supermarchés disposent de système de consigne ou d’automates RVM (reverse vending machines)", signale Emmanuel Auberger. C’est significatif.

Loin des objectifs fixés par la loi Agec

Uzaje est par ailleurs en discussion avec les trois prestataires alsaciens en matière de restauration scolaire. Le lavage des bacs en inox utilisés par les cuisines centrales constitue le gros des volumes traités sur ses sites de Neuilly-sur-Marne et d’Avignon et la moitié du chiffre d’affaires généré. La restauration commerciale n’est pas en reste, l’entreprise est en contact avec plusieurs opérateurs à Strasbourg À Paris, Uzaje traite par ailleurs les gobelets et contenants utilisés au Parc des Princes. L’industriel espère faire de même à au stade de la Meinau dans la capitale alsacienne. Et laver les contenants utilisés dans le cadre du marché de Noël. Par exemple.

Uzaje dit réaliser "entre deux et trois millions d’euros de chiffre d’affaires". Le site de Strasbourg pourrait générer 2 millions d’euros de CA à fin 2025, grâce à un outil industriel de dernière génération destiné au lavage et au grattage des étiquettes. L'industriel espère traiter 5 millions de contenants dans les 18 mois.

"En Allemagne, 40 % des bouteilles en verre sont réemployées"

"Notre objectif est de rayonner sur le Grand Est, une partie de Bourgogne-Franche-Comté, le Luxembourg, et surtout le Sud Ouest de l’Allemagne où le marché du réemploi est plus mûr qu’en France. En Allemagne, on estime qu’il y a plus de trois milliards de bouteilles réemployées par an. C’est un peu de plus de 40 % des bouteilles en verre commercialisées sur le marché allemand. En France, on plafonne péniblement à 30 millions. […] Le marché du réemploi est en retard dans l’Hexagone, il doit être autour de 2 % alors que les objectifs (fixés par la loi Agec, NDLR) se situent autour de 10 % dès 2027", rappelle Emmanuel Auberger. Afin de dynamiser la filière, l’Ademe a soutenu l’opération strasbourgeoise à hauteur de 1,7 million d’euros.

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