Pony lève 23 millions d’euros pour devenir le numéro 1 du vélo partagé
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Pony lève 23 millions d’euros pour devenir le numéro 1 du vélo partagé

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Pony, opérateur de trottinettes et vélos partagés basé à Angers, Bordeaux et Paris a levé 23 millions d’euros pour poursuivre son fort développement, porté par une offre agile. Ayant séduit 21 villes, l’entreprise entend tripler la taille de sa flotte pour atteindre près de 30 000 vélos et trottinettes partagés d’ici 2027. Et couvrir les principales villes françaises.

Si l’activité de Pony est tirée par les trottinettes (à 70 %), un rééquilibrage avec la location de vélos s’effectue. Le rapport sera de 50/50, d’ici 2025, indique l’entreprise — Photo : Pony

Fin août, Pony a lancé ses vélos et trottinettes électriques partagés à Tours (Indre-et-Loire). "Nous sommes victimes de notre succès, écrasés par la demande. La taille de notre flotte est sous-dimensionnée", raconte Paul-Adrien Cormerais, cofondateur de Pony (150 salariés, 10 millions d’euros de CA), avec son épouse Clara Vaisse. Pour ce déploiement tourangeau, on parle pourtant de 1 200 vélos, soit 3 millions d’euros d’investissement.

Plébiscité par les villes françaises

L’engouement des villes françaises pour l’offre de Pony est tel que l’entreprise créée en 2018 voit un boulevard s’ouvrir devant elle. "Toutes les villes ayant lancé un service de vélos ou trottinettes partagés ces deux dernières années ont choisi Pony comme partenaire", savoure le jeune dirigeant. Pony, dont le siège se trouve à Angers et le centre principal à Bordeaux.

L'entreprise ambitionne de passer de 21 villes desservies (dont Nantes, Lorient, Caen, Nice, Bordeaux en France, Liège et Charleroi en Belgique) à 40 en 2027. Et de tripler la taille de sa flotte pour atteindre près de 30 000 vélos et trottinettes et devenir le numéro 1 du secteur en France. Ces perspectives ne se réaliseront qu’avec des investissements lourds en matériel. La récente levée de fonds de 23 millions d’euros a été menée dans ce but.

Paul-Adrien Cormerais et Clara Vaisse ont créé Pony à Angers en 2018. Ils ont depuis migré à Bordeaux, où se trouve aujourd’hui le principal centre de l’entreprise — Photo : Pony

10 millions en dette infrastructure

Le tour de table a été réalisé auprès de "Blast. Club", Ademe Investissement, Colam Impact, La Poste Ventures (opéré par XAnge), Smart Lenders Asset Management et avec la participation des investisseurs historiques (Xplore by Épopée Gestion, Demeter et NACO). L’originalité réside dans la levée de 10 millions d’euros de financement en dette infrastructure, fléchée sur l'acquisition des véhicules. Un fait rarissime pour une entreprise aussi jeune. "Le type de financement que nous leur accordons est habituellement réservé à de grands groupes ou à des projets d’infrastructures bien connus comme des autoroutes ou des trains", explique Erich Bonnet, président de Smart Lenders AM. "Quant aux fonds propres, ils permettront d’avoir les reins assez solides pour lever, à terme 40, 50 voire 60 millions en fonds de dette, explique Paul-Adrien Cormerais. L’idée est de ne plus avoir besoin de levée de fonds par private equity avec modification du capital". Pony envisage déjà une nouvelle levée de 10 millions d’euros pour début 2025.

Un succès né d’une stratégie précautionneuse

Le succès de Pony repose sur une stratégie visionnaire. "Nous avons eu une démarche précautionneuse. Nous avons pris le temps de valider la qualité de nos vélos, en déployant progressivement la flotte, avec 100 puis 200, 500 vélos, expose le président de la société. Saturer le marché sans se soucier des coûts quitte à restructurer ensuite ne marche pas dans notre business".

Par ailleurs, Pony fait appel au financement participatif : chaque vélo ou trottinette appartient à un habitant, qui récupère une partie des gains générés à chaque trajet. L’autre point fort du modèle est la qualité des véhicules. Parce qu’ils sont robustes, ils sont moins coûteux à entretenir et durent dans le temps. Particularité, ce sont des vélos à deux places, donc partageables.

Une structure légère et digitalisée

Enfin, les services de Pony reposent sur des technologies qui allègent les coûts du déploiement. Les vélos ne sont pas bloqués sur des bornes physiques, mais disposés sur des stations virtuelles : ce sont des espaces définis avec les collectivités, que les usagers trouvent grâce à leur application smartphone, application qui sert également à déverrouiller le vélo. Sans infrastructure physique, ces parkings peuvent être nombreux, donc pratiques.

L’entreprise propose aux villes une offre gratuite, clé en main. Elle leur paie une redevance et se charge de déployer son parc, de le gérer, d’assurer la logistique via ses entrepôts, etc. C’est ainsi que Pony a pu se poser dans de petites villes (Limoges, Perpignan, etc.), qui n’auraient pas eu les moyens d’investir elles-mêmes dans de coûteuses installations.

Rapatrier la production en Europe

La fabrication est aujourd’hui sous-traitée à Taïwan. La future V2 du vélo qui se profile pour 2025 sera produite en Europe. Pony est déjà engagée dans la démarche de réindustrialisation avec l’achat de batteries françaises au fabricant bordelais Gouach. Les trottinettes resteront produites en Asie pour le moment.

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