«Sommes-nous l'Islande?» La question hante les tabloïds anglais. Le secteur bancaire, qui faisait la fierté et la richesse de la Grande-Bretagne (30% du PIB) est en train d'imploser. Et dans sa chute, la City menace d'emporter tout le Royaume. Trois banques en particulier pourraient devoir être intégralement nationalisées: Lloyds, RBOS et Barclays. Or, les engagements de ces trois banques dépassent les 4.000milliards de livres. En imaginant que 15% soit irrécouvrables (ce qui n'a rien d'extravagant), cela représente une ardoise de 600milliards de livres... L'équivalent de 40 "Crédit Lyonnais" qui implosent en même temps! Qui va payer? Cela signifierait un doublement pur et simple de la dette publique du Royaume-Uni. Mais, même avec la meilleure volonté du monde, on ne trouve pas, comme ça, 600milliards de livres! L'Allemagne, l'une des signatures les plus respectées au monde, vient d'en faire le constat. Le mois dernier, le Trésor allemand n'a pas réussi à lever 6 "petits" milliards d'euros sur les marchés internationaux. Faute d'acheteur, Berlin a dû se contenter de 4milliards. On n'ose imaginer la déroute s'il avait fallu lever 600milliards... Certains ont déjà rebaptisé Londres: " Reykjavik sur Tamise " et envisagent un scénario à l'islandaise, avec une monnaie qui s'effondre, le FMI qui débarque et in fine, un gouvernement renversé par la rue. Certes, pour l'instant, ce n'est qu'un scénario cauchemardesque, mais il existe. D'autres pays sont également menacés. La Grèce, l'Espagne et le Portugal ont vu leur note de solvabilité financière dégradée. Au point que certains évoquent une possible sortie de l'euro pour ces pays! Et la France dans tout ça? «C'est le seul modèle encore debout», écrit le magazine américain Newsweek, car la France «n'a jamais cru à la toute puissance des marchés financiers, et s'en est toujours remise, de façon pragmatique, à l'État». De fait, la forte présence de l'État dans l'économie du pays (1 salarié sur 4) permet d'amortir le choc de la récession. Décidément, la crise a des effets imprévisibles: voilà que le monde entier nous envie notre État obèse, avec son cortège de bureaucrates et d'emplois aidés!
Planète écoPar Axel de Tarlé La Grande- Bretagne va-t-elle faire faillite?
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