La crise n'a pas seulement tué la finance débridée, elle est en train de laminer le ?management par le stress?. Ce n'est pas un obscur psychologue d'entreprise qui l'affirme, mais - excusez du peu - le patron de General Electric, la multinationale la plus respectée au monde, symbole du capitalisme américain. Lors d'une allocution à l'Académie militaire de West Point, Jeffrey Immelt s'est livré à une attaque en règle contre sa«génération de grands patrons qui a succombé à la cupidité et la brutalité»! Et, il ajoute : «La rémunération est devenue pervertie. Les gens les mieux payés ont fait le plus d'erreurs sans devoir rendre aucun compte.» Cette politique a eu pour conséquence d'affaiblir l'économie américaine et d'accroître les inégalités. «Les 25% les plus pauvres, sont encore plus pauvres.» Or, précise le patron de G.E.: «Les élites ont le devoir moral de réduire l'écart entre les forts et les faibles.» Et il prédit la fin de cette génération de «stress manager». En France, Jean-François Copé qui a dirigé la Commission sur la souffrance au travail à la suite des suicides chez France Télécom, prédit l'avènement du ?travailler mieux ?, après le règne du ?travailler plus ?: «L'Europe n'ayant pas de matière première et une monnaie forte, notre seule force, c'est le capital humain, explique Jean François Copé. Il faut donc que les hommes et les femmes qui portent l'entreprise soient respectés.» Et visiblement son appel a été entendu. Stéphane Richard, n°2 et futur patron de France Télécom déclare : «Nous sommes à la fin d'un cycle. Il faut redéfinir de nouvelles règles de vie commune.» De même, le fondateur de Sanofi, Jean-François Dehecq, n'hésite pas à dénoncer le management ?à l'anglo-saxonne? de son successeur: «Réduire les coûts est à la portée du premier venu. Garantir le pacte social est autrement plus compliqué.» Même mouvement en Allemagne. Volkswagen a décidé de calculer le bonus de ses cadres dirigeants en fonction du résultat des enquêtes de satisfaction réalisées auprès des clients et... des salariés! C'est sûr, on n'entendait guère ce genre de propositions il y a un an ou deux, à part, peut-être, à la tribune du NPA d'Olivier Besancenot! Bonne année, camarade travailleur!
Planète écoPar Axel de Tarlé 2010 : l'année du management humain
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