1. En quoi consiste le Plan Campus ? Lancé en 2008, ce grand projet prévoit de faire émerger des pôles d'excellence universitaire de rang mondial. Cinq milliards d'euros ont ainsi été mobilisés pour rénover et moderniser les campus français, avec pour préconisation de recourir aux partenariats public-privé (PPP) dans le montage des opérations. Six projets ont été retenus lors d'une première vague en 2009, dont Toulouse.
2. Quels en sont les acteurs à Toulouse ?
C'est le Pres, l'organe qui chapeaute l'enseignement supérieur régional, qui est chargé de piloter le Plan Campus toulousain, en lien avec les universités et établissements concernés. Les collectivités locales sont également impliquées, par exemple en maîtrise d'ouvrage publique sur les opérations qui relèvent de leur domaine de compétence.
3. Quel budget pour Toulouse ?
En 2009, le Pres de Toulouse a reçu une enveloppe de 350 millions d'euros, contre 396 millions d'euros sollicités. Si cette somme est bloquée, ce sont les intérêts annuels qui sont utilisables. Soit quelque 14,5 millions d'euros par an. À cela s'ajoutent 75 millions d'euros, apportés par les collectivités locales.
4. Quels sont les grandes lignes du projet toulousain ?
Treize opérations de rénovation ou de construction sont programmées. Elles portent aussi bien sur des nouveaux bâtiments pour la recherche - comme ceux consacrés à la restructuration des activités de chimie sur le campus de Rangueil - que sur des équipements structurants tels qu'un édifice dédié à l'accueil de chercheurs internationaux, ou des espaces à destination des étudiants et des personnels. Montant estimé des travaux : 271 millions d'euros.
5. Pourquoi le projet avait-il été suspendu ?
La complexité des opérations immobilières avait déjà entraîné un retard du Plan Campus dans son ensemble. À Toulouse, Bertrand Monthubert avait quant à lui annoncé la suspension du plan en mai dernier, dès son élection à la présidence de l'université Paul-Sabatier. En cause : des PPP jugés trop onéreux. L'universitaire avait alors reçu l'appui du Pres. Restait depuis à attendre les directives de la nouvelle ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Geneviève Fioraso, qui avait commandé un rapport sur l'efficacité des PPP.
6. Qu'est-ce qui change avec la relance des opérations ?
La grande nouveauté est l'abandon du « tout-PPP ». Le ministère a donné son feu vert pour un recours à l'emprunt auprès de la Banque européenne d'investissement (BEI) et de la Caisse des dépôts et consignations. Objectif : débloquer d'un coup l'ensemble des moyens nécessaires aux travaux. Le Pres de Toulouse, qui sera maître d'ouvrage public - autre évolution notable -, va donc utiliser les intérêts de sa dotation en capital pour rembourser cet emprunt, et non plus pour s'acquitter notamment des loyers et de la maintenance.
7. Quels sont les bénéfices attendus avec ces évolutions ?
Outre un raccourcissement des délais de réalisation, les dirigeants universitaires toulousains espèrent réaliser des économies. Avec l'abandon des PPP, mais aussi grâce à des choix stratégiques sur les chantiers eux-mêmes. En tant que maître d'ouvrage public, le Pres pourra par exemple préférer les rénovations aux reconstructions. De quoi libérer les fonds, alors que trois voire quatre opérations restaient en souffrance de financement avec la première version du Plan Campus.
8. Quel est le calendrier des travaux ?
Deux phases de travaux devraient être programmées. Le Pres a deux mois pour boucler les financements et acter le calendrier. D'ores et déjà, l'université Toulouse 1 Capitole annonce la création prochaine d'un service de médecine préventive et le rachat de l'un des parkings de la Cité administrative voisine pour y établir un gymnase. Dans le cadre du déménagement de l'Ensica sur le campus Supaéro, la création d'une soufflerie aéroacoustique doit également débuter cette année. Quant à l'université Paul-Sabatier, la plus concernée par le Plan Campus avec sept opérations, elle s'est déjà fixé un échéancier. L'ensemble des chantiers doit être lancé dans le courant de l'année 2015, pour des livraisons majoritairement entre 2016 et 2017.
9. Quels chantiers ont déjà été lancés ?
L'ensemble composé de l'Espace Clément Ader et de la Maison de la valorisation et de la recherche, qui préfigure le futur quartier Montaudran Aerospace, doit être inauguré cette année. En centre-ville, c'est l'aménagement du secteur Jules-Guesde qui est en cours. Le projet prévoit que ce « Quartier des sciences » accueille la faculté de médecine, une cité internationale des chercheurs, ou encore le nouveau siège du Pres. Livraison attendue en 2015.
10. Qu'en est-il de la reconstruction de l'université du Mirail ?
Le campus du Mirail sera entièrement reconstruit à horizon 2016. Mais ce gigantesque chantier est dissocié du Plan Campus. Pour le financer : deux contrats de projet État-Région (CPER), d'un montant global de 110 millions d'euros, ainsi qu'une enveloppe exceptionnelle de 175 millions d'euros dans le cadre d'un partenariat public-privé.
Universités Le gouvernement a donné son feu vert pour la reprise du Plan Campus à Toulouse. Ce programme de modernisation de l'immobilier universitaire était suspendu depuis près d'un an, en attendant une réévaluation de ses modalités. L'essentieldu projet en dix questions.