Installé dans les locaux de l’école d’animation Creative Seeds à Cesson-Sévigné, l’éditeur spécialisé dans les jeux mobiles Pixel Butter (7 salariés, CA : n.c.) cherche à lever des fonds pour développer des versions sur-mesure de son jeu best-seller "Draw Your Game", disponible gratuitement sur les plateformes Apple et Google. L’entreprise souhaiterait réunir entre 300 000 et 400 000 euros au cours de ce premier semestre 2025. C’est ce qui l’a conduit notamment à exposer sur le village start-up de l’événement Imagine Summit, début décembre à Rennes. Elle a pu échanger avec plusieurs investisseurs.
100 millions de joueurs visés
Draw Your Game, l’un des jeux qui fait partie de sa dizaine de jeux en exploitation, donne la part belle à l’imaginaire. À partir d’une simple feuille de papier et de quelques coups de feutres, il est possible de créer des jeux de plateforme à la Donkey Kong ou Mario Bros.
Une capture écran du dessin par un smartphone ou tablette et une intégration dans le logiciel donnent en effet vie aux personnages et aux paysages alentour que l’on a créés. 22 millions de joueurs à travers le monde ont déjà été séduits par ce jeu, et l’éditeur breton espère rapidement franchir la barre des 100 millions. Pour cela, Pixel Butter entend notamment séduire les établissements scolaires et associations. "Ils veulent une version éducative sur leur PC", souligne Kacem Bekri, président cofondateur de la start-up, qui commercialise des licences à l’année. Une quinzaine d’écoles internationales ont déjà été ralliées. Le secteur professionnel, avec la création de jeux de plateforme pour des marques, est un autre marché que l’entreprise souhaite attaquer.
Vers un partage des bénéfices
Mais c’est bien l’offre grand public qui porte et continuera de porter la croissance du studio rennais. Derrière des fonctionnalités payantes, Pixel Butter entrevoit d’autres améliorations à venir : le mode multi-joueurs notamment, mais aussi un partage de bénéfices pour ses créateurs les plus prolifiques. Kacem Bekri développe son idée : "Imaginons un jeune de 15 ans qui crée un nouveau niveau, qui gagne 150 euros par mois et qui commence à en parler autour de lui au collège, ça permet de faire le buzz rapidement et de démultiplier le nombre de joueurs. On partage un pourcentage de bénéfices, c’est donc sans risque pour nous…"
Un éditeur de jeu courtisé par les grosses franchises
Pixel Butter prévoit de générer 2 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2026, une fois que son modèle économique aura été éprouvé. L’entreprise, qui a été déjà courtisée par des grosses franchises du jeu vidéo pour être rachetée, a jusqu’alors refusé les avances de ces dernières. Le morbihannais Ubisoft en fait-il partie ? Kacem Bekri ne veut rien dévoiler. Pixel Butter, qui dispose d’une majorité de joueurs aux États-Unis, veut rester indépendant, le temps au moins de développer ses nouveaux projets.