«Nous subissons la pression de la grande distribution», rappelle Jean-Noël Toublant, secrétaire général de Pigalys. «Quand 1,2 million de tonnes de charcuteries salaisons sont vendues en moyenne 4,80€, la grande distribution les revend 8,70€ au consommateur. Elle réalise ainsi près de 4€ de marge pour transporter, mettre en frigo et en rayon», explique-t-il. «Le consommateur ne se rend pas compte des marges qui sont faites et des difficultés des producteurs. Tous les sept ans, la filière divise par deux le nombre de ses producteurs. Quand l'un d'eux disparaît, c'est cinq ou six emplois qui disparaissent. Et toujours sans bruit...» Le rapport Besson démontre également que les prix du jambon sont 40% à 60 % plus élevés en France qu'en Espagne ou en Allemagne. Et même 20 % à 90 % plus élevés pour le rôti. Si Pigalys a renforcé son rapprochement avec Initia en 2008 et confirmé l'adhésion de Terrena au groupement, c'est justement pour peser davantage face aux politiques nationales et européennes afin de défendre un prix rémunérateur pour les éleveurs. «Nous établissons un projet coopératif avec Initia pour obtenir des prix de vente plus élevés. Ces 30 derniers mois, nous n'avons connu que quatre mois où le prix a été correct.Si les cours ne remontent pas, ce sera très problématique pour les élevages et les emplois», continue Jean-Noël Toublant. 170 éleveurs de Terrena ont rejoints Pigalys l'année dernière. Ce dernier compte 800 éleveurs dans l'Ouest, soit 1.850.000 porcs. La filière représente 31.000 emplois en Bretagne et 56 % de la production nationale. Pigalys réalise plus de 300 M€ de chiffre d'affaires et commercialise la majorité de ses porcs d'abattage auprès du groupe Socopa (32%), racheté par Bigard (11%), devant le groupe Bernard (30 %) et Europig Gad (18%).
Le groupement de producteurs de porcs Pigalys se positionne sur un combat des prix rémunérateurs pour assurer la pérennité de la filière.