D’une présidence à l’autre ? De l’UPE06 à la Chambre de Commerce et d’Industrie Nice Côte d’Azur, voilà qui sera peut-être le parcours de Pierre Ippolito.
"Accompagner la mutation de la CCI"
Dans un contexte économique compliqué, face auquel "il va falloir avoir beaucoup de courage", le président de l’UPE06 a dressé le bilan annuel du syndicat patronal maralpin. Presque un bilan de mandat aussi pour celui qui cédera sa place lors de la passation de pouvoir au soir des prochaines Entreprenariales le 26 juin 2025.
Mais son engagement pour l’Entreprise avec un grand "e" ne s’arrêtera pas ce soir-là. "Il est certain que je resterai impliqué dans le tissu économique territorial, a-t-il expliqué en conférence de presse. À court terme, je souhaite m’investir dans la vision de la Chambre de Commerce 2026. Le sujet aujourd’hui est de construire une équipe qui soit en mesure de restructurer, d’accompagner la mutation nécessaire des Chambres de commerce au sens large et de construire une dynamique comme on a pu le faire à l’UPE 06. Donc, je serai partie prenante de ce projet. Je n’ai pas d’ambition personnelle à y aller, mais si je dois être le chef de file pour porter ce sujet-là, je serai le chef de file. D’ici un an et demi, s’il y a quelqu’un plus à même d’être candidat, je lui laisserai ma place. Mais pour l’instant, je considère qu’il n’y a personne."
Trouver des solutions pour loger les actifs
En attendant, il reste des batailles à mener. Et la tâche s’annonce délicate alors que les défaillances d’entreprises augmentent et qu’il est à craindre, selon Pierre Ippolito, un "effet domino". "Les fournisseurs qui ne sont pas payés, qui à leur tour ne peuvent pas payer, etc. C’est un vrai risque en 2025. Cela entraînerait des défaillances en chaîne et une hausse du chômage."
Autre sujet sensible, l’attractivité territoriale. "Le logement des actifs devient de plus en plus complexe."
Ainsi l’UPE a-t-elle lancé avec un bailleur privé partenaire, une expérimentation autour du "droit de réservation" de logements. "Nous sommes en train de tester la capacité des entreprises à réserver des logements pour leurs salariés, sans faire l’acquisition du logement, précise Pierre Ippolito. L’idée est de pouvoir relier le contrat de travail à un logement pour nos actifs. Nous menons actuellement une enquête auprès d’une quinzaine d’entreprises pour connaître leurs besoins. Si cela est concluant, nous industrialiserons la chose à plus grande échelle au niveau de tous nos adhérents."
Sur ce même sujet, l’UPE06 a par ailleurs lancé un groupe de travail, avec la CCI NCA et la Banque des Territoires, pour "réfléchir à une foncière afin de faire l’acquisition de logements à réhabiliter pour les actifs. Nous sommes autour de la table pour essayer de trouver des solutions de montage financier et juridique pour porter ça. Et je crois beaucoup notamment dans le Moyen Pays, où cette foncière-là pourrait racheter de petits immeubles, des appartements dans des villages, à une demi-heure ou trois quarts d’heure d’activité, les retaper et mettre à disposition des actifs."
Appel aux "combattants" et à la "solidarité"
Une chose est sûre, pour le patron des patrons, en 2025 plus que jamais, les chefs d’entreprise vont devoir compter sur les seules forces endogènes du territoire. "Notre seul destin dépend de nous et de notre écosystème. Il va falloir être beaucoup plus solidaires sur le territoire pour pouvoir être forts individuellement et ne pas dépendre d’autrui, se serrer les coudes parce que l’aide ne viendra pas d’ailleurs. Il faut une sorte de small business act, informel, interentreprise : avant d’aller faire travailler un Américain ou un Parisien, faire travailler ses collègues de Grasse ou de Carros. Il va falloir que le monde économique se prenne par la main. Il va falloir être dans du combat. On va avoir besoin de guerriers."