Fini les préfabriqués à côté de l'usine pour Pichon Industries. Fini Brest aussi. Le machiniste agricole a pris possession, fin octobre, de sa nouvelle usine à Landivisiau, en bordure de quatre voies. « Avec 22 000 m² de surface couverte, nous avons doublé la surface de l'usine », explique Michel Pichon, le P-dg et fondateur de l'entreprise familiale, en 1970. Cet investissement de 15 millions d'euros était devenu nécessaire pour l'industriel.
Année stable
« Nous étions trop à l'étroit à Guipavas. Dans ce bâtiment neuf, nous aurons davantage d'espace, des gains de productivité et de meilleures conditions de travail pour nos salariés. On a travaillé l'ergonomie des postes. Les machines seront notamment à hauteur d'homme alors qu'auparavant, les ouvriers travaillaient sur des escabeaux. Il y aura également une cantine », détaille le dirigeant. Michel Pichon, qui avait du mal à recruter, espère aussi que le changement de bassin d'emploi apporte de nouveaux candidats. « On embauchera si l'activité est au rendez-vous. Car, bien sûr, l'objectif de cet investissement est de se développer ». L'année 2015 avait été difficile et le P-dg entrevoit une année stable avec 40 millions d'euros de chiffre d'affaires en fin d'année. « Le résultat était positif en 2015. Difficile à dire encore pour 2016 ».
L'export pour se développer
L'activité n'est pas au rendez-vous sur le marché français, morose étant donné la crise agricole. C'est donc vers l'export que Pichon se tourne. « Mais ça ne s'est pas fait en un jour. On sème ce qu'on récolte, mais celle-ci n'est pas toujours rapide ! C'est mon fils, Philippe, qui a vraiment lancé l'export à son arrivée dans l'entreprise il y a 20 ans », note Michel Pichon. Aujourd'hui, l'export représente 40 % du chiffre d'affaires. « Il faut encore augmenter ce pourcentage. » L'entreprise est très présente en Europe de l'Est, grâce à son usine en Pologne, rachetée en 2009. « Malheureusement, la crise avec la Russie et l'Ukraine ces dernières années ont complètement stoppé les ventes dans ces pays. Il nous reste la Pologne, la Tchéquie, etc. » Pichon exporte dans 50 pays, en Asie, en Amérique du Sud et au Canada, notamment.
Ouverture du capital
Pour être appuyé dans son développement, Pichon Industries vient d'ouvrir son capital, jusque-là familial à plusieurs fonds. Elle vient de renforcer ses fonds propres auprès de trois investisseurs minoritaires : Unexo (Crédit Agricole), Unigrains et Bpifrance. « Unigrains est un fonds dédié aux métiers de l'agriculture et de l'agroalimentaire. Ils sont présents au capital d'autres machinistes agricoles. Leurs conseils sont précieux car ils connaissent le marché », explique Michel Pichon. En septembre 2015, Pichon Industries a racheté la société Gilibert (65 salariés ; 10 millions d'euros de CA), basée dans l'Isère, spécialisée dans la fabrication de matériels de transport (bennes, plateaux...) et d'épandage. Une activité complémentaire de celle du Finistérien (fabrication de tonnes à lisier, broyeurs, chargeurs). 42 salariés sur 59 ont été repris. « Depuis, on a créé, en janvier 2016, une activité vente à Saint-Thonan : Mapagri Services pour vendre le matériel Gilibert. On travaille sur les trois départements de l'Ouest breton », indique Michel Pichon. L'entreprise a racheté le fonds de commerce d'Occa Mad à Saint-Thonan, qui a été liquidée. « On a aussi fait sortir l'activité réparation de Pichon pour l'intégrer dans cette nouvelle société. » Après une année aussi riche, « on va attendre un peu avant de refaire une croissance externe, sourit le dirigeant. Mais on regarde toujours les opportunités. » Car le patron ne compte pas relâcher l'effort. « On fait une année stable quand d'autres sont en baisse étant donné l'état du marché français, mais il faut continuer à sortir des nouveautés régulièrement. On travaille beaucoup sur les interfaces hommes-machines. On est toujours en recherche d'amélioration de nos produits. Et on est présent sur les salons pour les faire connaître. »